Le voyage de Nasreddine avec son âne Aryul

Le voyage de Nasreddine avec son âne Aryul

Madeleine Esther
VIVANT

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  • Texte et adaptation théâtrale des contes : Abdel Bouchama
  • Acteurs : Abdel Bouchama et David Levet à la marionnette
  • Collaboration : Jacques Maury

La chaleur de cette journée de juillet en ce début de festival se prêtait merveilleusement à ce spectacle promettant l’indolence et la saveur de l’esprit oriental.

Ne venez pas chercher le rythme trépidant de nos sociétés modernes. Nous sommes ici ailleurs, à contre-courant, dans un temps suspendu, justement, intemporel. Les silences ne sont pas pesants. Le spectacle nous donne à entendre une poésie de la présence, de l’écoute, de l’art du parler. Une poésie légère comme une pierre flottant dans l’air strié de cigales.
Car c’est de ça dont il s’agit. Du plaisir de raconter des histoires, de ce que l’on choisit de se mettre dans la bouche, et donc de ce qui en sort. Et c’est toute la malice de ce sage vagabond, que l'on dit un peu fou, Nasreddine, connu depuis le fond des âges dans tout l’orient, pour être à la fois hirsute et sauvage tout en prenant un malin plaisir à instruire ses frères humains de leur propre nature avec l’insolence propre aux êtres sans attaches. Ce personnage mythique est incarné avec la force tranquille nécessaire à ce pari par Abdel Bouchama, dont la finesse et le talent chaleureux se glisse tout naturellement dans cette figure si connue de la littérature orientale et soufie.
La belle originalité de ce Voyage avec Nasreddine dont nous régale Abdel Bouchama, est la présence de son fidèle compagnon, l’âne Aryul. Belle marionnette très réussie, et animée avec esprit par David Levet, dont il faut saluer la présence absence ! Et ce sont des dialogues entre l’homme et l’animal où l’autre n’est pas en reste d’intelligence et de tendresse.

Sur scène un tapis, deux tonneaux et une toile rustique de couleur camel ondulant comme des bosses de dromadaires sur les pistes du désert.
C'est simple et efficace comme un dessin de bande dessinée, quand deux lignes bien placées et trois couleurs suffisent à suggérer une ambiance.

Un spectacle qui se savoure comme un thé à la menthe, entre amis, quand le soir loin de la brûlure du soleil de midi, les langues se délient, bien sucré et tellement rafraichissant !

Tout public. A partir de 9 ans.

Spectacle visible pendant toute la durée du festival à la Présence Pasteur à 16 h 15. Relâches les 9, 16 et 23 juillet.

Infos pratiques

Compagnie :
Un mot...Une voix
Représentation :
5 juillet 2026 à 16:15
Lieu :
Présence Pasteur, Avignon (84000)
Durée :
1 h
Public :
Tout public à partir de 9 ans
Événement :
Festival Avignon 2026

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Chroniqueur·euse

Madeleine Esther

Avignon & Creuse

La scène du théâtre a joué un rôle important dans ma vie, et je continue à en faire le tour autant qu'il m'est possible, c'est un des rares lieux résistant qui se permet l'audace d'écrire poétiquement le monde.

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