- Auteur Gilles Granouillet
- équipe artistique
- Mise en scène et jeu Pamela Ravassard
- Interprétation Nathan Minière
- Création lumière Cyril Manetta
- Scénographie Hanna Sjödin
- Création Son Frédéric Minière
- Chant Stéphane Corbin – Chant
En fond de scène un écran blanc. Devant une paroi type atelier, verre et métal noir, délimite un couloir. Des rampes avec des ampoules entourent l’espace scénique. Des chaises ordinaires bois/métal sont éparpillées sur le plateau. Je retrouve ce soin du décor qui m’avait séduite dans « 65 Miles » de la même compagnie en 2021, qui permet d’être tout de suite dans l’ambiance… Lorsque le public investit la salle, Pamela Ravassart est déjà présente dans le « couloir »
Zoom, c’est un long monologue, l’histoire de l’amour incommensurable d’une mère pour son fils, d’une mère prête à tout pour offrir la meilleure vie à son fils. C’est l’histoire d’une réussite…
Fin septembre, réunion de parents d’élèves : elle est là, « la mère du Burt ». Celle qu’on n’a pas vue depuis des années, celle qu’on aurait sans doute préféré ne pas revoir. Elle n’a plus aucune raison d’être là, pourtant elle s’est invitée. Alors, comme le prof principal est en retard, elle se lève et parle. Elle raconte son Burt, cet « enfant difficile » conçu dans une salle de cinéma alors qu’elle avait à peine 16 ans.
Le texte de Gilles Granouillet est un magnifique portrait de femme blessée. Pamela Ravassart en livre une incarnation bouleversante… Elle raconte l’enfance sans amour maternel, ses propres errances. Comment elle s’est laissée séduire par un beau parleur. Le résultat 9 mois plus tard, portera le prénom de Burt (Lancaster) en référence au film « Tant qu’il y aura des hommes » projeté lors de sa conception. Dès lors, elle va rêver pour lui d’un destin de star et trainer son fils sans relâche dans les castings, quitte à lui faire manquer l’école, et sans se préoccuper de lui demander si c’est ce que lui souhaite..
Pamela Ravassart est cette mère -enfant, qui ne connait pas les codes qui régissent la société. Mais qui fait des efforts pour devenir une bonne mère. Courageuse et volontaire, elle s’accroche à son but, tout faire pour que son fils ait une vie meilleure que la sienne ! Jusqu’à tout faire de travers et aller trop loin, malgré ses bonnes intentions…
Pendant 1 h 20, « la mère du Burt » se raconte simplement, nous fait rire, sourire, pleurer, sans se plaindre ni en vouloir à la terre entière. La comédienne endosse ce rôle mais aussi celui des protagonistes qui croisent son chemin (assistante sociale, proviseur, juge, avocat, etc), tout en déplaçant les chaises pour marquer les changements de lieux. Elle est accompagnée par une mise en scène remarquable qu’elle a assurée elle-même, et par la création lumière magnifique de Cyril Manetta, qui joue habilement du décor en le sublimant. L’environnement sonore imaginé par Fréféric Minière, qui rythme les moments du récit, fait largement appel à des références cinématographiques (Le Parrain, Indiana Jones, E.T. et bien d’autres). Et nous découvrirons un autre talent de cette éblouissante comédienne, le chant à plusieurs reprises, dont je retiendrai le magnifique et fort à propos Ain’t got no, I got life de Nina Simone.
Ce spectacle est un vrai choc émotionnel. On sort de la salle un peu sonné, conscient cependant d’avoir vécu un moment de théâtre rare, et ébloui par le jeu intense et subtil d’une comédienne littéralement habitée par son personnage. Un énorme coup de cœur !
A recommander à tous ceux qui veulent vivre une expérience théâtre hors du commun !
Au festival d'Avignon Off du 4 au 25 juillet saur mercredi
en tournée en France en novembre et décembre 2026
Infos pratiques
- Compagnie :
- Paradoxe(s)
- Représentation :
- 9 juillet 2026 à 10:00
- Lieu :
- Théâtre Girasole, Avignon (84000)
- Durée :
- 1 h 20
- Public :
- tout public à partir de 12 ans
- Événement :
- Festival Avignon Off
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Chroniqueur·euse
Gard / Hérault
Passionnée d'abord de cinéma, je suis venue au théâtre il y a près de 25 ans
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