Spectacle de la compagnie Bibotch (44) vu le 21/02/2026 à 18h00 au Théâtre Benoît XII d’Avignon (84) dans le cadre du festival Les Hivernales
- Création et interprétation : Julien Andujar
- Composition et régie son : Alex Andujar
- Création lumière et régie générale : Juliette Gutin
- Scénographie et costume : Rachel Garcia
- Type de public : Tout public
- Genre : danse / théâtre / performance
- Durée : 1h45
Cette représentation était l’un des derniers spectacles programmés dans le cadre du festival des Hivernales. De ce fait, l’ambiance avant d’entrer dans le Théâtre Benoît XII était plutôt festive. De nombreux groupes d’amis, de tous âges, discutent ensemble. Les spectateurs semblent curieux de découvrir le spectacle. Je ressens une forme d’empressement, mais aussi une attente particulière, comme si la proposition allait offrir une expérience différente.
Cette impression se confirme dès les premiers instants. En entrant dans la salle, un personnage haut en couleurs me salue. Valentina, robe zébrée et perruque rouge, m’accueille avec un morceau de tortilla espagnole. Une fois le public installé, elle explique que la scène est « sa maison » et que nous en sommes les invités. Dans la salle, les rires se font entendre. Puis Valentina disparaît derrière un rideau et un autre personnage entre en scène.
Ce spectacle est construit comme un récit intime, raconté par un petit garçon de 11 ans. Julien Andujar propose ici une forme autobiographique, à la frontière entre théâtre documentaire et performance, dans laquelle il évoque son histoire familiale et un événement marquant lié à la disparition de sa grande sœur Tatiana.
Le spectacle mêle humour et moments plus sensibles. L’artiste raconte différentes situations et alterne entre légèreté et émotion sans jamais entrer dans un pathos cliché. Les moments les plus durs surgissent sans être exagérés. Une simple phrase, une situation évoquée, suffit à faire ressentir le poids du vécu. Le souvenir de l’enfance, les regards extérieurs, certaines remarques anodines en apparence prennent une dimension forte et m’ont beaucoup émue.
Tout au long de la représentation, une relation forte avec le public est construite. Julien Andujar entretient une interaction constante avec la salle. Il s’adresse régulièrement aux spectateurs et improvise directement à partir d’éléments présents dans l’espace. Il fait par exemple référence à des détails visibles (comme la couleur « horrible » des rideaux selon lui), ce qui renforce l’impression d’un spectacle immersif, ancré dans l’instant.
Le public était très réceptif. J’ai entendu des réactions tout au long de la représentation, avec des rires mais aussi des moments de silence attentif. Une personne a même posé une question à l’artiste directement pendant le spectacle, ce qui montre à quel point le public se sentait impliqué et engagé. Pour ma part, j’ai trouvé le spectacle très réussi, sincère et parfaitement maîtrisé. Je n’ai pas vu les deux heures passer et aurais pu rester encore des heures à écouter et regarder l’artiste. Je recommande fortement Tatiana, qui est une interprétation juste, drôle et émouvante. C’est un spectacle qui touche avec finesse, qui fait rire sans masquer l’essentiel, et qui crée un moment de partage sincère.
Evie Noirot
Chronique réalisée dans le cadre du partenariat avec l’Université d’Avignon et avec les étudiants du Master 1ère année, Parcours Arts et Techniques des Publics, mention Culture et Communication.