12 Hommes en colère

Note 3 étoiles

Spectacle de Charles Tordjman vu le 22/02/2026 à 16h00 au Grand Opéra d’Avignon à Avignon (84)

  • Auteur : Reginald Rose
  • Mise en scène : Charles Tordjman
  • Comédiens : Bruno Putzulu, Jeoffrey Bourdenet, Antoine Courtray, Philippe Crubézy, Olivier Cruveiller, Christian Drillaud, Claude Guedj, Roch Leibovici, Xavier de Guillebon, Yves Lambrecht, Adel Djemaï ou François Raüch de Roberty, Pascal Ternisien ou Thomas Cousseau
  • Type de public : tout public
  • Genre : Théâtre 
  • Durée : 1h20

Ayant pour habitude d’assister à des spectacles en soirée, notre présence à la représentation de Douze hommes en colère s’est révélée quelque peu inhabituelle. La séance débutait à 16 heures et se terminait en fin d’après-midi. Assister à une pièce de théâtre un dimanche après-midi possède une atmosphère particulière. Le public semble plus familial et l’ambiance plus détendue. On a presque l’impression de participer à une sortie dominicale où le théâtre devient une activité culturelle partagée.

La pièce Douze hommes en colère, mise en scène par Charles Tordjman, s’inspire du film du même titre sorti en 1957. Nous avions beaucoup apprécié ce film, notamment pour la force de son récit et la portée de son sujet. Nous étions donc curieuses de découvrir son adaptation théâtrale. La pièce met en scène douze jurés chargés de délibérer sur la culpabilité d’un jeune homme accusé de meurtre. Leur décision doit être prise à l’unanimité et déterminera si l’accusé sera condamné à mort.

La mise en scène repose sur un huis clos. Les douze comédiens restent présents sur scène pendant toute la durée du spectacle. Cette présence collective renforce la tension que l’on ressent. Les personnages coexistent dans le même espace tout en conservant leurs dialogues et leurs interactions. Plusieurs échanges se déroulent parfois simultanément, donnant l’impression d’assister à une véritable situation de délibération, ce qui renforce le réalisme de la pièce.

La scénographie participe également à cette immersion. Sur scène, une structure évoquant un gradin permet aux jurés de s’asseoir au même niveau selon leur numéro. Cette organisation facilite l’identification des personnages. Une fenêtre laisse apparaître la lumière extérieure et les variations lumineuses permettent de ressentir le temps qui s’écoule. Une horloge placée en hauteur indique pourtant la même heure tout au long de la représentation, comme si ce que nous vivions restait figé dans le temps. Les tons froids et l’esthétique simple du décor nous rappellent les palais de justice.

Au cours de la représentation, nous avons ressenti une grande curiosité face à la situation présentée. La délibération d’un jury est habituellement confidentielle et inaccessible au public. Le spectacle permet ainsi d’entrer dans cet espace de décision. Les discussions entre les jurés nous amènent à remettre en question nos certitudes initiales. Nous nous sommes alors senties impliquées dans une réflexion collective en cherchant nous-mêmes à évaluer les arguments présentés. Le public semblait lui aussi particulièrement attentif et réceptif à ces échanges.

Nous avons également apprécié la manière dont cette adaptation remet en avant une œuvre qui interroge la justice et la responsabilité individuelle. La question de la peine de mort, centrale dans la pièce, reste un sujet important. En France, son abolition date de 1981, mais les débats autour de cette question continuent d’exister dans l’espace public. Douze hommes en colère rappelle ainsi une époque où une décision collective pouvait déterminer le destin d’un individu. Le spectacle invite à réfléchir aux préjugés et à l’importance du doute dans toute décision judiciaire.

Cette pièce sera également jouée le 19 mars au Théâtre de l’Odéon à Marseille. Nous recommandons ce spectacle pour la justesse de la réflexion qu’il propose. Portée par une distribution nombreuse et une scénographie efficace, cette adaptation parvient à maintenir une tension constante tout au long de la représentation.

 

Tiphaine Le Grand et Evie Noirot

Chronique réalisée dans le cadre du partenariat avec l’Université d’Avignon et avec les étudiants du Master 1ère année, Parcours Arts et Techniques des Publics, mention Culture et Communication.

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