- Auteurs, metteurs en scène : Hugo Varret, Brian Henninot
- Interprétation : Hugo Varret, Brian Henninot
Sur scène, un comptoir protégé par une bâche, un paravent qui permet de créer une coupure entre les séquences et une chaise, pour l’épicier. Il a aussi son journal … ce qui permet de patienter avant que le client arrive. Le voici d’ailleurs. Il ouvre la porte du commerce. C’est la première séquence et M. Martin, le client, vient acheter une noix de coco. La scène se déroule jusqu’au moment fatal où la bouteille d’eau se renverse sur Martin. Il repart avec la noix de coco sans avoir besoin de payer.
À chaque nouvelle séquence, la même scène se répète, mais avec une intention différente, avec des détails plus précis. On en apprend un peu plus, à chaque fois, sur l’épicier et sur M. Martin.
Il faut être attentif. Mon esprit de vigilance m’a déjà trompé, car j’en viens à me demander si, à la toute première séquence, M. Martin demande-t-il bien une noix de coco à l’épicier ou si c’est l’épicier qui la lui propose dans un second temps. J’en suis confus, mais c’est aussi le jeu : tromper le spectateur pour lui montrer que, par une simple scène répétée, plein d’options sont possibles.
Au même titre qu’une chanson que l’on adapte selon le style, ici on part d’un même décor, d’une même scène, d’une même tension, sauf que l’ambiance change. La même personne va chez l’épicier, mais dans une ambiance de comédie musicale, puis d’engueulade, où cette fois la noix de coco voit son prix augmenter jusqu’à ce que l’on appelle la police. Bien sûr, il n’y a personne au bout du fil… à part un prout. Cette tension, qui tient le spectateur attentif, redescend vite par l’absurdité qui peut en résulter.
Encore une fois, c’est dans la simplicité que notre cerveau tend à compliquer le scénario, comme cette scène où M. Martin est cette fois directeur de casting et où l’épicier vient pour le rôle… d’un épicier.
La proposition est très simple : il doit jouer l’épicier. Pourtant, tout devient compliqué sur le plan de l’attention et l’on voit l’épicier complètement perdu, ayant du mal à interpréter son propre rôle.
C’est comme apprendre à marcher finalement.
Le tout reste rafraîchissant. Au fil des séquences, de l’eau se renverse inlassablement sur le sol. La noix de coco, symbole de fraîcheur dans les pays chauds, résonne avec cet été torride qui bouscule les Français. De la coco et de l’eau, c’est bien rigolo et comme quoi on peut même jongler avec !
Spectacle à voir lors du Festival OFF d'Avignon 2026, du 4 au 25 juillet à 10h, relâche les jeudis
Infos pratiques
- Compagnie :
- du Fil à Retordre
- Représentation :
- 8 juillet 2026 à 10:00
- Lieu :
- Théâtre la Carreterie, Avignon (84000)
- Durée :
- 55 min.
- Public :
- Tout public, à partir de 6 ans (séquences adaptées selon le public)
- Événement :
- Festival OFF d'Avignon 2026
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Chroniqueur·euse
Avignon / Vaucluse / Jura / Ain
Je me considère comme un artiste curieux et décalé, qui aime explorer et goûter à de nouvelles sensations qui lui parlent et le touchent. J'aime le spectacle vivant, qui interpelle, qui explore, qu'il soit dynamique, surprenant.
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