- Mise en scène : Ludivine Vincent
- Interprétation : Ludivine Vincent
- Texte : Rachel Jullian
- Création lumière : Loïc Virlogeux
Une entrée en matière très dynamique, sur une musique qui pose une ambiance plutôt chaleureuse. La scène suivante viendra rompre avec cette ambiance et nous plonger dans un univers beaucoup plus intimiste et quelque peu incisif. Le public est invité directement à entrer dans l’intimité de ce personnage, sans filtre, sans détours, dans ses confidences, ses plaisirs et ses questionnements. Une immersion quelque peu cocasse avec beaucoup d’audace.
L’ambiance et la mise en scène sont feutrées, douces, chaleureuses mais aussi très percutantes et parfois provocantes.
Le personnage ouvre la parole sur les dérives thérapeutiques, les conséquences psychiques qui s’en suivent et comment notre santé mentale peut compenser, continuer sa route sans s’effondrer, résister et avancer.
Un sujet ô combien oublié et malmené, traité avec beaucoup de force et de résistance.
Dans ce seul en scène, à l’écriture habile, parfois crue, juste et profonde, la comédienne nous invite dans son univers, peut-être même dans sa tête en questionnant les raisons pour en arriver à ses pensées, à ses envies, singulières et quelques peu déroutantes. Et le tableau se dessine peu à peu, à nous de lâcher sur les mauvaises habitudes de certains spectacles où tout est ficelé, bien dans l’ordre, très précis et surtout trop lisse. Ici, on doit se laisser aller, pendue à ses lèvres, à ce récit, je réalise plus tard que tout se dessine, les fils se relient dans ma tête, la couture est en marche, l’assemblage opère.
A travers la mise en scène, j’ai même ce sentiment que la comédienne se confie directement à moi.
Comme la Compagnie le dit si bien dans le pitch du spectacle, ce seul en scène « découd la violence, recoud la dignité et permet de rire là où ça fait mal ».
En voilà un spectacle qui m’a bien pris aux tripes. En voilà du spectacle qui donne toute la dimension du VIVANT de spectacle vivant puisque dans mes premiers rires, j’hésite, j’ai envie, je dois lâcher mais je sais pas si le texte m’invite à rire ou non, à avoir mal pour le personnage ou plutôt me détendre avec elle. Alors oui, c’est toutes ces émotions qui me traverseront pendant le spectacle, qui me bousculeront et s’animeront sans cesse et c’est tout ce que je recherche en tant que spectatrice. Rire ou pas, être dérangée, surprise, fascinée et séduite tantôt par l’écriture tantôt par son jeu. J’ai apprécié aussi l’invitation de la comédienne à échanger à la suite du spectacle. Un sujet dont il faut parler, et l’échange pour certains et certaines n’en sera que plus riche après cette représentation et peut-être assez indispensable même.
Car il est de ses sujets de société qu’on aborde parfois en formation professionnelle, parfois en conférence mais l’art de l’écriture et du spectacle nous permet de le voir et de l’exprimer sous un autre angle et d’ouvrir la parole autrement.
Alors pour ça, merci Ludivine Mounier Vincent.
A tout le monde, concerné ou pas. Aux associations et services qui accompagnent les personnes souffrant de troubles psychiques. En proposant d'échanger sur le sujet directement à la suite de la représentation.
Le spectacle est joué pendant toute la durée du festival. Relâches les 8, 15 et 22 juillet
Infos pratiques
- Compagnie :
- Actilude
- Représentation :
- 5 juillet 2026 à 22:10
- Lieu :
- L'Atelier 44, Avignon (84000)
- Durée :
- 1h05
- Public :
- A partir de 14 ans
- Événement :
- Festival Off d'Avignon 2026
Partager
Chroniqueur·euse
Vaucluse
J'aime l'effet du spectacle vivant que je ne retrouve nulle part dans les autres arts : celui qui bouscule, qui nous fait exploser de rire, qui nous remet en question, qui nous fait pleurer, ou parfois même nous fait avancer sur notre propre chemin personnel…
Voir son profil & toutes ses chroniques