Moi, ton corps, j’ai quelque chose à te dire

Moi, ton corps, j’ai quelque chose à te dire

Yann Stöhr
VIVANT

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  • Mise en scène / Ecriture : Audrey Lamarque
  • Jeu : Audrey Lamarque
  • Musique live : Clément Pavis
  • Genre  : Seul en scène / Histoire de vie

Sur la scène, une femme délivre à son public l’histoire qui lui a permis de lever le flou sur ses origines, sur ce qui était jusqu’alors dissimulé par le transgénérationnel familial.
Nous sommes dans son salon, ou dans la loge où l’artiste se prépare, ou bien chez son amie, où un prospectus sur une chamane attire son attention et lui permet de commencer le chemin, celui qui va l’amener à se comprendre, à s’accueillir et redécouvrir ses forces.
À ses côtés, un musicien l’accompagne et fait évoluer le rythme au gré des émotions.

Après le premier rendez-vous avec la chamane, elle sait déjà sur quoi elle doit travailler.
Comprendre sa naissance, comment est-elle venue au monde ?
Au départ, sa mère lui répond que c’était une naissance formidable et qu’il n’y avait rien de plus à dire. Mais plus sa fille creuse, plus elle apprend qu’elle est arrivée comme un boulet de canon, qu’elle ne voulait pas sortir, que l’on y a remédié artificiellement et, surtout, que ce bébé a été conçu dans l’idée d’être reconnu par le père. Un bébé pour le grand-père.
Comprendre cela, c’est renaître afin de casser les schémas et de pouvoir enfin reprendre sa place.
Car sa place, elle ne l’avait pas. Et si, aujourd’hui, l’artiste peut nous livrer son histoire sur scène, c’est parce qu’elle s’est affirmée.

Comprendre sa naissance ne suffit pas. Il faut aller encore plus loin et comprendre quelles sont ses origines, la blessure du père, des ancêtres brisés par l’esclavage, de la honte à la culpabilité.
Il y a des secrets de famille. Ces mêmes secrets protègent autant qu’ils peuvent détruire lorsqu’ils sont gardés trop longtemps pour soi. Enlever ce qui pèse, c’est passer par la compréhension des blessures des anciens. Car ce qui n’est pas transmuté, se répète. Audrey est-elle venue au monde pour casser cette boucle ? En vérité, tout le monde en est capable. C’est retrouver le goût de s’aimer et arrêter de se détruire.

Même dans l’obscurité, les souvenirs remontent. Il ne s’agit pas de fuir. Dans les songes, des messages pour des lendemains plus lumineux sont imaginables.
Audrey, qui danse dans un costume couleur de minuit, est une partie d’elle même qui peut enfin s’exprimer et accoucher. Après avoir couper le voile qui l’a séparait de son corps, après avoir reconnu son jumeau décédé et les fausses couches qui ont marqué son histoire, après avoir redonné de l’amour là où il en manquait, le corps à créé un nouveau cycle. Il s’est remis à tourner : un bébé dans le ventre pour un nouveau commencement.

Avec ce seul-en-scène, elle vient briser tes chaînes. Il peut agir en toi comme un miroir, être source de rappel ou simplement t’inviter à la présence, car ce qui se joue là n’est rien d’autre que la vie.

Présent lors du Festival OFF d'Avignon 2026, du 4 au 25 juillet à 19h25, au Théâtre de la Carreterie relâche les jeudis.

Infos pratiques

Compagnie :
Projet-Sens
Représentation :
17 juillet 2026 à 19:25
Lieu :
Théâtre de la Carreterie, Avignon (84000)
Durée :
1h30
Public :
Tout public, à partir de 14 ans
Événement :
Festival OFF d'Avignon 2026

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Chroniqueur·euse

Yann Stöhr

Avignon / Vaucluse / Jura / Ain

Je me considère comme un artiste curieux et décalé, qui aime explorer et goûter à de nouvelles sensations qui lui parlent et le touchent. J'aime le spectacle vivant, qui interpelle, qui explore, qu'il soit dynamique, surprenant.

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