- Mise en scène : Orianne Moretti
- Interprétation danse : Mathieu Ganio
- Interprétation piano : Guilhem Fabre
- Chorégraphie : Bruno Bouché
- Lumières : Michel Cabréra
Plateau dépouillé.. une chaise, un banc sont les seuls éléments de décor. Eclairage sobre. Au jardin, un piano et Guilhem Fabre au clavier.
Orianne Moretti et Bruno Bouché proposent une adaptation théâtre, musique et danse, du "Journal d’un fou" de Nicolas Gogol pour le danseur étoile Mathieu Ganio. Il s’agit d’une nouvelle qui se présente comme le journal intime écrit à la première personne de Poprichtchine, petit fonctionnaire modeste, néanmoins noble, qui raconte sa vie et son travail – qui consiste à tailler des plumes dans un ministère – . Il est amoureux en secret de Sophie, la fille de son directeur. Ses premiers signes de folie apparaissent lorsqu’il croit que Medji le chien de Sophie sait parler et écrire … Poprichtchine perd de plus en plus le sens des réalités, sombre dans la folie, jusqu’à la démence et l’enfermement…
La mise en scène alterne différents tableaux, qui laissent parfois toute la place au piano danse, au piano seul, au piano texte. Au tout début du spectacle, la "Passecaille" de Jean Sébastien Bach accompagne l’entrée du magnifique danseur Mathieu Giano, pour un long moment de danse… Puis, le héros commence à se raconter dans un enchaînement savamment équilibré entre musique, danse et théâtre. La belle partition musicale propose des Préludes et concerto de Bach, des œuvres de Couperin et Jean Philippe Rameau, dont « Le rappel des oiseaux », servi sur un piano au toucher clavecin qui se marie très bien avec les œuvres de ces compositeurs.
Mathieu Giano n’est pas comédien, mais il a su entrer dans la peau de ce personnage tourmenté jusqu’à la folie, et par son art et son jeu, accentuer le contraste entre la petite vie misérable et routinière du héros et ses rêves délirants. Le spectacle démarre lentement et l'intensité va crescendo accentuant l'évolution de la maladie. Mais Mathieu Giano est merveilleusement accompagné, porté puis je dire, par le pianiste talentueux Guilhem Fabre, initiateur du projet uNopia visant à organiser des concerts nomades en camion-scène pour porter la musique vers des publics éloignés des salles de concert..
C’est un spectacle qui séduira les spectateurs friands du mélange des disciplines, porté ici à son apogée par deux interprètes magnifiques, sur un texte d’un écrivain russe reconnu, dont j’ai commenté une adaptation du Manteau en 2022
Avignon Off 2026 tous les jours, relâche jeudi
Infos pratiques
- Compagnie :
- correspondances compagnie
- Représentation :
- 6 juillet 2026 à 11:40
- Lieu :
- Factory Roseau Teinturiers, avignon (84000)
- Durée :
- 1 h 10
- Public :
- Tout public à partir de 10 ans
- Événement :
- Festival Off Avignon
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Chroniqueur·euse
Gard / Hérault
Passionnée d'abord de cinéma, je suis venue au théâtre il y a près de 25 ans
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