Le Jeu de l’amour et du hasard

Le Jeu de l’amour et du hasard

Juana DLUBALA
VIVANT

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  • auteur : Marivaux
  • Mise en scène : Frédéric CHERBOEUF
  • Interprètes : Adib Cheikhi, Matthieu Gambier en alternance avec Marc Schapira, Jérémie Guilain, Céline Laugier, Dennis Mader, Justine Teulié, Marc Schapira
  • Collaboration artistique : Adib Cheikhi, Antoine Legras
  • Scénographie : Frédéric Cherboeuf, Matthieu Gambier
  • Création lumière : Tom Klefstad
  • Costumes : Émilie Malfaisan
  • Régie : Aurélien Saget
  • Création son : Stéphanie Verissimo

Dès l’entrée dans la salle, le ton est donné. Les comédiens sont déjà sur scène et accueillent les spectateurs en les plaçant eux-mêmes. La frontière entre la salle et le plateau disparaît immédiatement. Le décor évoque davantage une soirée d’été dans un jardin qu’un salon bourgeois du XVIIIᵉ siècle : deux canapés fabriqués en palettes recouverts de coussins, un bar avec ses tabourets, une coiffeuse et son miroir, un vélo posé en arrière-plan et des guirlandes d’ampoules colorées qui baignent l’ensemble dans une atmosphère chaleureuse et conviviale.

L’histoire, elle, reste fidèle à Marivaux. Avant d’accepter un mariage arrangé, Silvia décide de tester la sincérité de Dorante en échangeant son identité avec sa servante. Mais le jeune homme a eu exactement la même idée et se présente sous les traits de son valet. Dès lors, les apparences se brouillent, les sentiments naissent là où on ne les attend pas et les quiproquos s’enchaînent avec une précision redoutable.

La mise en scène choisit pourtant de faire voler en éclats tous les codes de l’époque. Silvia apparaît d’abord en tailleur-pantalon, Lisette porte une salopette de travail, le faux Dorante arbore une veste rouge de rocker tandis que le faux valet affiche un style de titi parisien. Une robe de mariée habille Lisette, une chaussure est glissée à son pied dans un amusant clin d’œil à Cendrillon. Même la bande-son participe à cette modernisation : après quelques notes de Lully en ouverture et en conclusion, place aux chansons d’aujourd’hui.

Le spectacle est totalement déjanté. Batailles de coussins, seaux ou verres d’eau lancés au visage, pluie de cœurs pour déclarer sa flamme… Le plateau se transforme peu à peu en un joyeux capharnaüm. Les comédiens, remarquables d’énergie et de précision, entraînent le public dans cette folie communicative. On rit beaucoup, sans jamais perdre le fil d’une intrigue menée tambour battant. Si les voix trahissent parfois la fatigue des nombreuses représentations, un micro vient ponctuellement prendre le relais.

Cette relecture audacieuse prouve qu’un grand classique peut être résolument contemporain sans perdre son esprit. Une mise en scène inventive, drôle et irrésistiblement décalée, à ne pas manquer.

Au festival Off d'Avignon 2026, du 4 au 25 juillet ( relâche les 9, 16, 23 juillet), à 15h50 au Théâtre des LUCIOLES

Infos pratiques

Compagnie :
Collectif L'Émeute
Représentation :
20 juillet 2026 à 15:50
Lieu :
Théâtre des Lucioles, Avignon (84000)
Durée :
1h30
Public :
Tout public à partir de 12 ans
Événement :
Festival Off d'Avignon

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