La vie matérielle

La vie matérielle

Madeleine Esther
VIVANT

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  • Auteur : Marguerite Duras
  • Adaptation théâtrale : Michel Monnereau
  • Mise en scène : William Mesguich
  • Interprétation : Catherine Artigala

Voilà une merveilleuse manière de découvrir Duras si on ne la connaît pas, ou de retrouver tout ce qu’on aime chez elle, quand on l’aime. Car tout est là, la verve, l’insolence, le goût du dire vrai, la poésie du langage, son enfance en Indochine, sa mère, ses amours, l’écriture et l’alcool. Une langue tout à la fois, fraîche et sucrée et âpre et sans détours.

Ce n’est pas une pièce de théâtre, non. Pas de personnages puisque, le sous-titre du recueil de texte qu’est La Vie matérielle est Marguerite Duras parle à Jérôme Beaujour, grand spécialiste de l'oeuvre cinématographique de l'autrice. Elle est vraiment là. Elle nous parle, comme si nous lui posions des questions sur sa vie. A nous, le public. C’est saisissant de voir à quel point la similitude entre l’actrice, Catherine Artigala, et l’autrice est grande. Les gestes, l’allure, l’énergie, le ton de la voix, quelque chose de ce qu’on connaît de Duras ressurgit sur scène. Et pourtant, on ne sent pas la composition d’actrice. Un curieux mélange s’est fait entre ces deux femmes l’actrice et l’autrice. Les deux sont là, dans la même passion du verbe, dans la même passion de ce qui fait littérature. C’est impressionnant.
Ce trouble donne la mesure du grand travail à l’œuvre dans l’appropriation du texte, du langage, de l’esprit même de Duras par Catherine Artigala. Et c’est beau.

Sur scène, une table en fond de scène à jardin, un fauteuil en cuir bien confortable en avant-scène et un banc à cour. Quelques accessoires : des pages blanches à écrire, une photo, et bien sûr les bouteilles de vin blanc à demi vidées et des verres à ballon.
La mise en scène est très précise. Chaque espace est habité par des fragments de vie de Duras. La table d’écriture, le banc des souvenirs d’enfances, et l’amour, partout. L’ensemble est baigné par une lumière clair-obscur qui donne à l’ensemble un ton presque sépia. Ou peut-être ai-je rêvé ?

Une excellente manière d’approcher l’œuvre de cette grande écrivaine et forte femme que fut Marguerite Duras, par sa vie, ses engagements politiques indéfectibles, ses failles de femme, ses doutes. Un hommage à ces femmes qui ont travaillé à la libération des jougs de nos mères.
Un grand bravo pour ces talents qui se sont rencontrés sur le plateau du théâtre !

Tout public et particulièrement les scolaires !

Festival Off Avignon du 4 au 25 juillet à 11h30 au Théâtre des 3 S, Relâche mercredis 8, 15 et 22.
Le spectacle se jouera au Théâtre de l'Epée de Bois, à la Cartoucherie de Vincennes, au mois d'octobre.

Infos pratiques

Compagnie :
François Nouel production
Représentation :
19 juillet 2026 à 11:35
Lieu :
Théâtre des 3 S, Avignon (84000)
Durée :
1 h
Public :
Tout public à partir de 12 ans
Événement :
Festival Avignon OFF 2026

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Chroniqueur·euse

Madeleine Esther

Avignon & Creuse

La scène du théâtre a joué un rôle important dans ma vie, et je continue à en faire le tour autant qu'il m'est possible, c'est un des rares lieux résistant qui se permet l'audace d'écrire poétiquement le monde.

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