La trilogie du désir

La trilogie du désir

Yann Stöhr
VIVANT

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  • Mise en scène / Chorégraphie : Monica Casadei
  • Musiques originales  : Fabio Fiandrini
  • Acteur  : Savino Paparella
  • Danseurs : Alessandro Bonacina, Sabino Barbieri, Alfonso Donnarumma, Chiara Falzone, Mattia Molini, Federica Nuti, Christian Pellino, Gianluca Testaverde
  • Texte  : Alessandro Gallo
  • Genre  : Danse contemporaine

Une femme vêtue de blanc perce le noir de la scène. Elle s’éveille de nouveau au monde. Pas évident dans ce monde obscur et brutal. Les gestes sont inégaux, fragiles. Elle fait de son mieux pour retrouver un semblant de contrôle. Elle danse telle une fleur qui s’ouvre et voit la lumière pour la première fois. Elle a oublié ce qui s’est passé avant, et c’est mieux ainsi.

L’homme est arrivé. Il voit la fragilité de cette manifestation féminine. Il la domine, lui, vêtu de rouge. Il croit la dominer. De ses bras, il la soulève pour montrer qu’il la fait sienne, qu’il est celui qui domine. Mais il n’en est rien. Il voit. Il reconnaît sa faiblesse, son ignorance qui est sienne.
Tenter d’avoir le contrôle, pour tout voir finalement s’écrouler.

C’est sur une musique qui embarque les corps qu’il se voit entouré par danseurs et danseuses.
Le visage masqué par un vêtement rouge, ils sont une extension des émotions que traverse l’homme au centre. Ce sont comme des clones de ses propres tempêtes intérieures. Lui qui doit être celui qui tient la situation en main, se voit autant le dominant que le dominé.
C’est lorsqu'un des danseurs sort de la scène et revient vêtu de noir que la situation bascule de nouveau. Il est celui qui a pris la situation en main.
C’est maintenant lui le plus fort. Il a été choisi. Mais ce n’est qu’un vêtement, qu’une excuse.
Car le vrai problème, c’est cette consolation qui n’arrive pas à trouver refuge auprès de ses frères.
Le mâle se voit blessé lorsqu’il perd le contrôle de la situation.
Mais celui qui est à terre permet à un autre de montrer sa propre force. Elle, plus légère, plus souple. Tous sont les héros de leur propre personnage, qu’ils mettent au-devant de la scène.

Et quand l’un croit avoir pris le contrôle…

Il y a autre chose qui domine, derrière. Encore une fois, cela se manifeste à travers les apparats, sa veste verte, son apparence. Il parle avec aisance. Il se considère comme le maître incontesté. Mais ses mots, ses phrases, dans un italien qui m’est inconnu, respirent l’appât du gain tout autant que la peur froide et suante.
Il n’est pas seul. Jamais. Son corps lui fait mal. Son organisme le tiraille. Ses cellules se battent entre elles. On vient toucher à son intimité. Il est suivi, il n’est pas seul. Il essaie de reprendre le contrôle.
Mais finalement, la veste tombe. Il n’est pas plus que les autres. Il est mort.

Les différentes pièces musicales choisies frappent, bousculent. Puis, c’est comme si on avait cassé une vitre. Et plein de billes s’échappent dans tous les sens.

Après la mort, il y a le souvenir. Le souvenir d’une soirée où l’on a bien dansé. Et puis, il y a le réveil. Tu es seul. Mais le jeune homme insouciant et fier que tu es, ne se démonte pas.
Il se montre comme le prince, l’héritier. Celui qui épouse la joie, le sourire de la cour des plaisirs.
Puisqu’il faut un jour mourir, alors faisons-le en mourant de rire !

Infos pratiques

Compagnie :
Artemis Danza
Représentation :
10 octobre 2026 à 18:45
Lieu :
Théâtre du Chêne Noir, Avignon (84000)
Durée :
1H
Public :
Tout public, à partir de 6 ans

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Chroniqueur·euse

Yann Stöhr

Avignon / Vaucluse / Jura / Ain

Je me considère comme un artiste curieux et décalé, qui aime explorer et goûter à de nouvelles sensations qui lui parlent et le touchent. J'aime le spectacle vivant, qui interpelle, qui explore, qu'il soit dynamique, surprenant.

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