La maison de Bernarda Alba

La maison de Bernarda Alba

Catherine WOLFF
VIVANT

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  • Texte : Federico García Lorca – Nouvelle traduction Thibaud Croisy et Laurey Braguier (L’Arche éditeur)
  • Mise en scène : Thibaud Croisy
  • Comédiens : Elsa Bouchain (Magdalena), Charlotte Clamens (Bernarda), Céline Fuhrer (Amelia), Michèle Gurtner (Angustias), Emmanuelle Lafon (Martirio), Helena de Laurens (Adela), Frédéric Leidgens (la Poncia), Lucie Rouxel (la Servante), Laurence Roy (María Josefa), Hélène Schwaller (Prudencia)
  • Scénographie : Sallahdyn Khatir
  • Lumières : Caty Olive
  • Costumes : Angèle Micaux
  • Son : Manuel Coursin
  • Collaboration artistique : Élise Simonet
  • Régie générale : Thomas Cany
  • Régie son : Romain Vuillet
  • Régie Plateau : Maureen Cléret

J’adore Lorca et il est si peu monté en France ! C’était donc une première raison d’aller voir « la maison de Bernarda Alba » mise en scène par Thibaud Croisy. La seconde est qu’une de mes amies avait côtoyé professionnellement le metteur en scène et en gardait un bon souvenir. Nous y sommes donc aller et, toutes deux, avons trouvé le spectacle inégal.

« La maison de Bernarda Alba » raconte les désirs inassouvis de cinq sœurs adultes, emprisonnées dans une prison dorée sous la férule de leur mère. Un homme rôde autour du gynécée. Sa seule évocation suffit à semer la zizanie.

Pour rendre compte du statut social supérieur de la maison, le plateau, nu, est encadré d’une colonnade. Un panneau alvéolé ferme la scène. Les accessoires sont réduits à portion congrue : quelques chaises, et occasionnellement, une grande table. La lumière, superbe, dessine les espaces et le temps. Les costumes, de belle et riche facture, dénotent l’origine bourgeoise des protagonistes et donc le refus de la mère de les céder à des hommes de basse extraction quand bien même elles sont ruinées.
La tyrannie maternelle, au nom de l’orgueil et du qu’en-dira-t-on, engendre donc une frustration maximale chez ses filles. Elles se jalousent jusqu’à la haine et se languissent jusqu’à l’hystérie. Les comédiennes, sonorisées, révèlent par leur gestuelle et leur phrasé un décalage au monde et à elles-mêmes.

Elles sont toutes les cinq aussi singulières qu’excellentes. La jeune domestique, au jeu naturel, n’est pas en reste. Mention spéciale à Frédéric Leidgens qui interprète Poncia, la servante duègne. Les autres interprètes m’ont beaucoup moins convaincue. Et le spectacle est à l’avenant. Les intermèdes musicaux, parfois chantés, parfois chorégraphiés scandent les actes avec un certain bonheur mais n’empêchent pas les longueurs et le manque général de rythme. Les moments grotesques voire comiques réveillent la salle tandis que la tension tragique entre les filles est soit trop retenue (et sans contact) soit trop pathétique. Est-ce le texte qui a vieilli ? Ou est-ce la mise en scène qui n’a pas su réactualiser une réalité qui semble si lointaine ? Il me faudrait relire le texte.

« La maison de Bernarda Alba », mise en scène par Thibaud Croisy, n’est pas dénuée de qualités mais n’a pas répondu à toutes mes attentes.

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Infos pratiques

Compagnie :
Association TC
Représentation :
15 octobre 2026 à 19:00
Lieu :
Théâtre de la Cité Internationale, Paris (75014)
Durée :
2H05
Public :
Adulte
Événement :
Festival Transforme

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Chroniqueur·euse

Catherine WOLFF

Région parisienne

Tombée dans le théâtre à 5 ans. Depuis, par mes études, ma vie personnelle et professionnelle, je n'en suis jamais sortie.

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