La tour de la défense

La tour de la défense

Yann Stöhr
VIVANT

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  • Mise en scène / Masques : Lewis Janier Dubry
  • Scènographie et accessoires  : Sylvain Septours
  • Texte original  : Copi
  • Avec : Louis Certain, Manaëlle Cobra, Fabien Merlino, Marius Ponnelle, Tom Rundstadler, Sylvain Septours
  • Création sonore : Basile Lacroix-Boettcher
  • Genre  : Théâtre contemporain, masque

Ca commence fort, par une discussion animée entre un couple d’homosexuels. Très vite, on sonne à la porte. C’est la voisine de palier qui fait intrusion dans l’appartement. Elle est shootée à l’acide depuis une semaine. Puis il y a Ahmed, son copain, et enfin Micheline qui font leur entrée.
Tout ce beau monde est réuni pour le meilleur et pour le pire.

L’espace scénique est blanc dans son ensemble. Nous sommes dans le salon et chaque objet du quotidien est blanc, avec des rebords noirs. Même ce qui vient de l’extérieur, comme la valise, est de cette couleur. Chaque chose est tracée au crayon noir et, en même temps, ça respire le désordre.

Tout se ressemble au premier regard. Chaque acteur est maquillé de blanc dans une société parallèle où cette apparence est une norme pour des gens divergents. On reprend ici les codes du clown dans un récit profondément absurde. Et si l’on regarde de plus près, les personnages, qui se ressemblent par leur maquillage et leurs costumes, révèlent tous quelque chose de différent, propre à leur identité.

C’est ainsi que le spectateur est cueilli dans une esthétique qui fait penser à la bande dessinée, où les protagonistes sont des pantins dans un appartement d’immeuble où tout peut basculer d’un instant à l’autre. L’état des lieux semble irréel, mais ça touche à une carte de visite si proche de notre monde.

Tout déborde très vite. Tout a déjà débordé quand chaque personnage a commencé à parler de lui et de ses problèmes. Puis les évènements extérieurs viennent, à chaque instant, perturber un peu plus chacun des individus. Un boa remonte tout à coup par la cuvette des WC. Dans une panique généralisée, on décide de le tuer, puis d’en faire le repas du réveillon à la place du saucisson qui pue.

Ensuite, il y a la mouette égarée qui, dans une peur panique, se retrouve dans l’appartement. La pauvre finira sa course sur le plancher après avoir avalé un savon.
Est-ce cet oiseau qui annonçait l’hélicoptère venu se crasher dans la tour de l’immeuble d’en face ?
Tout ces débordements du système, cette soirée qui vire à la catastrophe, sont dignes d’une scène apocalyptique. Ce sont des signes qui montrent tout ce qui a été caché dans les histoires humaines et qui ressurgissent en l’espace d’une soirée. Rien ne peut être retenu éternellement.

Quand tout déborde, l’amour retrouve de l’air et les pulsions sexuelles réémergent. Ainsi, les deux gays, n’ayant pas baisé depuis 9 mois, retrouvent le désir de la chair dans cette soirée de tous les possibles. La voisine dévoile petit à petit toute l’ampleur de sa folie. Et tout ça, encore une fois, par ce qu’elle en aime un autre. Vouloir être vu, être reconnu peut pousser l’homme à des choses atroces.

L’humain ne pense t-il qu’à lui ? Où l’amour est-il, lui aussi, devenu fou ?

Tout ces personnages font pitié autant qu’ils font rire par leurs situations merdiques.
Et si ça fait rire et que ça choque, c’est parce qu’on se reconnaît en eux.
La société humaine est faite de vis mais si on dévisse, tout par en sucette.
C’est de l’humour noir bien ciselé. Ca ne fait pas pleurer. C’est une petite bombe théâtrale pour tous les esprits décalés.

Cette pièce joue pendant le Festival OFF d'Avignon 2026. Du 5 au 25 juillet , à 20H05, à la Fabrik'Théâtre , relâche les mercredis .

Infos pratiques

Compagnie :
Sixième mur
Représentation :
5 juillet 2026 à 20:05
Lieu :
La Fabrik'Théâtre, Avignon (84000)
Durée :
1h15
Public :
Tout public, à partir de 15 ans
Événement :
Festival OFF d'Avignon 2026

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Chroniqueur·euse

Yann Stöhr

Avignon / Vaucluse / Jura / Ain

Je me considère comme un artiste curieux et décalé, qui aime explorer et goûter à de nouvelles sensations qui lui parlent et le touchent. J'aime le spectacle vivant, qui interpelle, qui explore, qu'il soit dynamique, surprenant.

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