- De : Hicham Boutahar
- Mise en scène : Hicham Boutahar
- Avec : Jules Bisson, Elise Martin, Alexandre Prince, Alice Rahimi
- Lumières : Alessandra Assous Aldana, Bérénice Durand-Jamis
- Costumes : Alma Bousquet
- Scénographie : Yéshé Menneguelle, Léonard Bougault
- Collaboration artistique : Lola Maume, Youness Anzane
Un sac à dos abandonné sur un fauteuil intrigue les spectateur.ices alors qu’iels prennent place dans la grande salle du Théâtre des Carmes.
Mohammed préfère qu’on l’appelle Moha. Il déteste se taper la honte, et tout ce qu’il veut pour sa première année d’université, c’est de réussir ses partiels, et même carrément, d’arriver premier. Seulement, à l’approche de ceux-ci, un adolescent est tué par un policier dans la cité où il habite. Alors, la trajectoire qu’il avait imaginée change brutalement. Émeutes, protestations, manifestations, blocage de la fac ; le peuple est en colère. Moha ne sait plus où se positionner. Tout ce qu’il voulait, c’était briller à la fac. Il est tiraillé entre son désir de s’intégrer dans le monde privilégié des universitaires, et le feu qui brûle dans le quartier qui l’a vu grandir. À la fac, la vie même qu’il a connue devient un objet d’étude sociologique, alors que c’est sa réalité.
Avec aucun élément de décor sur le plateau, la mise en scène repose sur le travail impressionnant du son et de la lumière. Leurs effets accompagnent l’histoire et donnent une dimension intense aux moments les plus profonds, et parallèlement, participer à ajouter certaines touches d’humour bienvenues. Parfois, la salle elle-même devient plateau, et les spectateur.ices sont projeté.e.s au cœur du récit. Les comédien.nes sont assi.e.s dans les fauteuils qui forment désormais un amphithéâtre. Hicham Boutahar nous partage ici son univers qui mêle activisme, philosophie, culture populaire, faits réels et fiction pour donner une œuvre unique et puissante. Cette mise en scène épurée permet de porter toute l’attention sur le texte puissant, sublimé par les lumières, la musique, et le talent des comédien.nes. La dimension presque participative pousse le public à se sentir impliqué et sollicité. En réalité, il l’est bel et bien, et il est même invité à se révolter aux côtés des étudiants.
Hchouma Blues est plus qu’une pièce de théâtre. C’est un cri, un appel à l’indignation. Comment ne pas avoir les poils qui se hérissent et les larmes aux yeux alors qu’on fait face à cette terrible réalité ? C'est une pièce qui aurait pu être écrite hier comme il y a cent ans, tant son thème a toujours été d’actualité, et l’est encore aujourd’hui. Vingt ans après la mort de Zyned Benna et Bouba Traoré, Hicham Boutahar réalise des entretiens avec des chercheur.euses en sciences sociales, des policier.e.s, des avocat.e.s, et prend la plume pour partager les histoires de toustes celleux qui n’ont jamais pu obtenir justice.
Un spectacle d’utilité publique à voir absolument, particulièrement dans le contexte actuel où la loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre menace d’autant plus la sécurité de nos pairs.
Au Théâtre des Carmes du 4 au 25 juillet — relâche les mercredis — à 11 h 56.
Infos pratiques
- Compagnie :
- Les Diplomates
- Représentation :
- 17 juillet 2026 à 11:55
- Lieu :
- Théâtre des Carmes, Avignon (84000)
- Durée :
- 1h10
- Public :
- à partir de 12 ans
- Événement :
- Festival OFF d’Avignon 2026
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Chroniqueur·euse
Région parisienne
Passionnée d'écriture et de théâtre, être correspondante m'a permis de réunir ce qui me fait le plus vibrer.
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