A l’ombre du réverbère
- Enzo VERDET – Mise en scène
- Redwane RAJEL – Interprétation
- Hélène JULY – Collaboration artistique
- Enzo VERDET – Texte
- Redwane RAJEL – Texte
- Bertrand KACZMAREK – Texte
- Arnaud BARRE – Création lumière
Arrivée à 30 secondes de la fermeture des portes, l'équipe m'a accueilli avec beaucoup de convivialité et de réactivité et je leur en remercie. Parce que quel coup de coeur !
La détention est bien entendu le sujet central de ce récit de vie mais le personnage oscille entre l'enfance, l'incarcération, la justice, la famille, l'injustice, la mort, le théâtre, le russe, la cellule, la boxe, puis de nouveau l’enfance,…
A travers des allers-retours dans le temps, très maitrisés, le comédien nous livre des fragments de vie avec une vitalité saisissante. Ce texte autobiographique fait partie des écritures théâtrales que j’apprécie tout particulièrement parce qu'on raconte, on se raconte, par fragments de vie traversés par des blessures, des joies, des émotions toujours très intenses. Il est de ces spectacles où l’on en apprend encore plus sur un domaine qui ne nous est pas connu, en tout cas pour moi même si, professionnellement il m'est arrivé d'accompagner des personnes sortantes de prison. Cela reste un univers que personne ne peut réellement connaître si l'on n'a jamais mis les pieds derrière ces 4 murs si bien décrits par le comédien. C’est d’ailleurs au travers de son jeu que j’imagine la cellule, je la vois, grâce à son talent d’interprétation. Quel jeu, un artiste avec lequel je rêverais de jouer, d’une présence si solide que je l’imagine bien en partenaire de jeu.
Il nous permet à nous public d'apprendre et de comprendre ce qui se passe derrière les murs, ce qui se dit, se vit et directement par l'homme d'affaire sur scène. C'est comme ça qu'on le nomme, nous dira Redwane, pas un crime qu'ils lui disaient, "une affaire".
Je suis avec lui, dans son histoire, pendant 1h15, comme s' il se confiait à moi. Je suis son oreille, il se raconte, s'ouvre, je suis sa Tatie qui l'écoute peut-être ? Est-ce aussi parce que c’est un enfant d’Avignon que ce texte, ce récit de vie résonne fort ici. Lorsqu’il nomme la prison, les quartiers de la ville, moi, avignonnaise d’adoption depuis plus de 15 ans, ça me parle encore plus. Cela rend l’écriture encore plus intime avec le public dans ce théâtre d’Avignon qui est une véritable institution.
La mise en scène est simple, sobre et très puissante dans ce décor naturel de théâtre. J’avais oublié le cachet de ce lieu si emblématique d’Avignon. Cette salle en elle-même apporte déjà beaucoup de hauteur et de profondeur à la représentation alors la mise en scène sobre et centrale tombe très juste.
Au centre, un banc rouge, juste derrière, un miroir haut et composé de 3 morceaux qui triplent la silhouette du personnage. Des jeux de lumière toujours très synchronisés avec les scènes. Ce travail autour de la lumière est très présent jusqu'à la fin et révèle toute la puissance du texte et de son interprétation.
Tout ce que j'aime dans le théâtre seul en scène.
Quel talent tout de même pour réussir à captiver l'attention du public seul pendant 1h15 et à jongler entre les différents personnages. Ce comédien a une belle énergie et celle-ci circule bien dans le public, je l'ai senti aux réactions. Son jeu de comédien est ponctué de beaucoup de justesse et d’émotions, il raconte sa vie avec une belle résilience et sa force n’est pas dans sa silhouette sportive au final mais bien dans sa vie, dans son texte et sa grande interprétation sur le plateau.
En effet, la puissance du propos, de l'autobiographie donne à être attentif de bout en bout.
À la sortie, nous sortons, en file indienne, du côté opposé à celui où nous sommes rentrés.
Et comble du comble, le couloir extérieur est étroit, situé entre 2 très grands murs rocheux sur les côtés, je lève la tête et j'entrevois le soleil qui traverse les branches d'un des platanes des Carmes qu'on entrevoit au-dessus, là, juste entre ces murs, j'arrive à l'extérieur. Le spectacle est fini et moi je suis sortie, je suis dehors.
Quel moment!
Merci!
Ce spectacle peut être recommandé à tout public, aux scolaires (collégiens, lycéens), en travail de prévention auprès de publics divers. Pour tout le monde, partout et tout le temps, je le recommande. Je souhaite longue vie à ce spectacle.
Du 4 au 25 juillet 2026, relâche le 8,15 et 22 au théâtre des Carmes à 10h
Infos pratiques
- Compagnie :
- Production LES THÉÂTRES Gymnase-Bernardines [Marseille]
- Représentation :
- 17 juillet 2026 à 10:00
- Lieu :
- Théâtre des Carmes, Avignon (84000)
- Durée :
- 1h15
- Public :
- A partir de 14 ans
- Événement :
- Festival OFF D'Avignon 2026
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Chroniqueur·euse
Vaucluse
J'aime l'effet du spectacle vivant que je ne retrouve nulle part dans les autres arts : celui qui bouscule, qui nous fait exploser de rire, qui nous remet en question, qui nous fait pleurer, ou parfois même nous fait avancer sur notre propre chemin personnel…
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