- • Conception et mise en scène : Simon Roth d’après une idée originale d’Erdal Karagoz
- Comédiens.nes : Bénicia Makengele, Ramo Jalil, Mascha Richard Dumy, Saïd Ghanem, Simon Roth
- Scénographie et costumes : Emma Depoid
- Création lumière et vidéo : Simon Anquetil
- Création son et régie générale : Foucault de Malet
- Régies : Foucault de Malet, Jessica Manneveau, Oriane Trably
- Genre : Théâtre.
« Erdal est parti » ouvre la saison du 104. Le thème de l’exil me tient à cœur. Le spectacle est doublement lauréat du festival impatience 2025 ; un festival qui valorise la jeune création. C’est un gage de qualité que la représentation de ce soir n’a pas démentie.
« Erdal est parti » est le récit autobiographique du réfugié politique kurde Erdal Karagoz. Son parcours, chaotique et violent, a généré une telle colère qu’il fallait trouver un moyen de s’en libérer. C’est Simon Roth qui s’en est chargé par le prisme du théâtre documentaire. A travers la parole d’Erdal, il s’agit de représenter le monde et donc aussi de réfléchir à la meilleure façon de le faire.
L’espace scénique est réduit à sa plus simple expression : un plateau nu, un écran amovible, un autre en fond de scène, potentiellement un troisième grâce à l’allemande qui cache un banc. On a jouté un canapé à cour et quelques accessoires ponctuels (clavier, maquette d’immeuble, barquettes à Kebab etc…). Un peu dans la lignée du TG Stan, ce qui intéresse Simon Roth, c’est la direction d’acteurs. C’est dans cette dimension là qu’il opère de véritables trouvailles de mise en scène.
-Les entretiens d’Erdal sont projetés dans l’ordre chronologique du périple. En même temps, sur scène, 4 comédiens.nes l’incarnent. Ils prêtent leur voix au principal protagoniste. Mais de façon tout à fait inattendue, ils jouent aussi sur le doublage en synchronisation labiale. Rythmique et gestuelle presque dansée figurent une partition époustouflante de précision. Parfois en choral, ils interprètent aussi, chacun à leur tour, soit Erdal, soit des personnages annexes. Ils sont souvent filmés, tantôt sonorisés, tantôt en voix naturelle. Chacun dévide au moins un texte en langue étrangère (kurde, turc, grec, anglais). Deux comédiens.nes entonnent un slam des plus convaincants sur les conditions de détention.
Les comédiens sont donc excellents et la mise en scène, rigoureuse et originale. Et pourtant, je n’ai pas été particulièrement émue. La faute, peut-être, à cette pénombre pesante ou au son, très inégalement réglé.
« Erdal est parti » est un spectacle fort sur les déchirures de l’exil, la dureté du monde et le besoin de poser des mots dessus pour enrayer la violence. Il révèle un jeune metteur en scène entouré d’une belle équipe et d’un ensemble prometteur.
Infos pratiques
- Compagnie :
- Arborescence
- Représentation :
- 16 septembre 2026 à 20:00
- Lieu :
- 104, Paris (75019)
- Durée :
- 1H45
- Public :
- Adulte
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Chroniqueur·euse
Région parisienne
Tombée dans le théâtre à 5 ans. Depuis, par mes études, ma vie personnelle et professionnelle, je n'en suis jamais sortie.
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