En attendant septembre (ou la théorie de la table basse) – la vie à la fenêtre

En attendant septembre (ou la théorie de la table basse) – la vie à la fenêtre

Marceline WEGROWE
VIVANT

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  • De : Erell Paireau
  • Mise en scène : Romane Ortali
  • Chorégraphie : Nina Mahi
  • Avec : Marie Victoire Collin, Étienne Dupuy, Émilie Ganito, Emmanuel Levesque, Romane Ortali, Amélie Osso, Erell Paireau, Quentin Skabro

En entrant dans la salle, les spectateur.ices sont accueilli.e.s par deux Grâces en noir et blanc, qui leur souhaitent la bienvenue dans l’immeuble.

Imaginez un mois d’août à Paris. La plupart des habitant.e.s ont déserté.e.s. Les rues sont vides. Sous la canicule, la chaleur est écrasante. Celleux qui restent se terrent au fond de leur appartement. Voici un immeuble dans le 18e arrondissement. Autour de la petite cour intérieure, la plupart des volets sont fermés. Trois appartements sont encore habités. Cinq parisien.nes se demandent comment passer le temps, comment survivre jusqu’en septembre ? Alors, iels ouvrent les fenêtres, et iels regardent. Iels regardent les autres appartements où il y a encore de la vie. Iels rêvent, devinent, jouent à imaginer, ce qu’il se passe derrière les murs. « Voir et être vu. » Peut-être leurs regards finiront-ils par se croiser ? Peut-être, l’un.e d’entre elleux viendra toquer à la porte d’un.e autre ? Qui sait de quoi on peut se retrouver à manquer, au beau milieu de l’été ?

Sur la scène, les trois appartements sont délimités par divers objets. Dans un coin, à l’avant-scène, une couverture et quelques coussins posés par terre représentent l’appartement des colocataires, Agathe et Lise. Leur faisant face, le couple Éva et Anton se dispute autour d’une unique chaise. Dans le fond de scène, le lit de Charles est érigé à la verticale. Le dernier coin de la scène est occupé par un piano et nos deux conteuses, omniprésentes et oniriques. À plusieurs reprises, elles raconteront l’histoire des occupant.e.s de l’immeuble en musique, à travers de magnifiques chansons composées par Erell Paireau. Au milieu de cet enchevêtrement coloré et chaleureux trône une table basse remplie d’objets en tous genres.

En attendant septembre (ou la théorie de la table basse) est un spectacle rempli d’humour et de douceur. Chaque personnage est mu par un seul but : vivre, ressentir la tornade dans le ventre, les papillons dans la tête, vivre quelque chose de vrai, et surtout, ne pas attendre septembre dans un néant terrifiant. La théorie de la table basse stipule que l’on peut connaître la vie de quelqu’un en observant ce qui traîne sur sa table basse. C’est là où l’on dépose nos souvenirs, objets témoins de moments passés, autel à la mémoire. Les amours, les amitiés, les peines de cœur, tout prend plus de place lorsqu’on passe un mois entier à ne pas exister. On finit par s’attacher à chaque personnage, toustes touchant.e.s dans leur façon maladroite — et à laquelle on s’identifie grandement — de vivre. Iels s’emballent, font des erreurs, tombent, se trompent, recommencent.

Un spectacle frais, queer, où vous pourrez vous adonner sans culpabilité à regarder vos voisins à travers leurs fenêtres — promis, c’est une curiosité saine. Un texte d’une justesse extrêmement touchante qui donne envie de se lever, d’aller toquer à toutes les portes de nos voisin.e.s. Comme le dit si bien Erell Paireau : « Quand le monde vous paraît trop dur, regardez aux fenêtres, et vous y verrez de la douceur ».

Un spectacle à ne pas rater, du 4 au 25 juillet à 22 h au Théâtre Épiscène.

Infos pratiques

Compagnie :
Les Insolentes
Représentation :
23 juillet 2026 à 22:00
Lieu :
Théâtre Épiscène, Avignon (84000)
Durée :
1h10
Public :
à partir de 7 ans
Événement :
Festival OFF d’Avignon 2026

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Chroniqueur·euse

Marceline WEGROWE

Région parisienne

Passionnée d'écriture et de théâtre, être correspondante m'a permis de réunir ce qui me fait le plus vibrer.

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