Anitya-l’impermanence

Note 3 étoiles

Un spectacle produit par les SUBS (69) et vu au théâtre de la Cité Internationale (75) le 29 mai 2026, à 19H.

 

  • Autrice, circassienne et conception scénographie : Inbal Ben Haim
  • Assistanat à la mise en scène : Hristina Sormaz et Isaure Jacques
  • Dramaturgie : Samuel Vittoz
  • Création sonore : Nova Materia
  • Création lumière : Louise Rustan
  • Régie générale  : Théo Vacheron
  • Régie lumière : Louise Rustan et Clara Wagner
  • Régie son : Geoffroy Daguet
  • Genre : cirque
  • Public : tout public
  • Durée : 1H

 

 

C’est déjà la fin de saison à Paris ; tout au moins des incontournables pour moi. C’est donc le moment des découvertes. Le Théâtre de la Cité Internationale organise un mini-festival de cirque, « accent cirque ». C’est dans ce cadre que j’ai eu envie de découvrir « Anitya- l’impermanence ».

 

« Anitya-l’impermanence » raconte l’emprisonnement, la destruction, le désespoir et la reconstruction collective.

« Anitya-l’impermanence » est un solo autour, dans et avec une structure scénique insolite. Le public prend place tout autour, en quadri-frontal. Il peut ainsi observer au plus près cette armature cubique, métallique, tissée de cordes et qui n’est pas sans rappeler les araignées sur lesquelles les enfants se hissent, dans les squares. La face supérieure de cette espèce de toile est tapissée d’objets du quotidien (livres, papiers, une chaise, des pots, des caisses….). Le tout, investi par Inbal Ben Haim, dégingandée, devient métaphore d’une utopie.

 

La lumière découpe des chemins pour s’échapper de la toile labyrinthique. Mais force est de constater qu’Inbal Ben Haim est prisonnière. Reine des nœuds, elle parvient, avec l’aide du public, à détricoter la construction. Mais elle ne tenait qu’à un fil et tout s’effondre. Prostrée dans un angle, en hauteur, la circassienne contemple le désastre. Comment reconstruire ? Dans les ruines, elle trouve jeux de construction, plaques de sol éventrées, bout de calcaire. De quoi donc esquisser une nouvelle forme. Ouverte, cette fois. Elle mobilise le public et ensemble, ils la fabriquent. « Ça tient ». Ça tient si bien, que l’architecture rénovée fait office de trapèze fixe, de balançoire ou de fil. Il ne s’agit pas pour Inbal Ben Haim de faire des prouesses mais d’évoluer en poésie et en partage. La voix est douce et avenante, le regard est profond et rieur ; le geste guide aussi bien la performance que les spectateurs-acteurs.

 

« Anitya-l’impermanence », dans une grande économie de moyens, interroge les fondements de notre société et nous appelle à les dépasser. Point de militantisme mais une prestation si délicieuse qu’elle en est des plus convaincantes.

 

Catherine Wolff

 

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