Un spectacle produit par Honorine productions (78) et vu au théâtre de la Reine Blanche (75) le 4 mars 2026, à 21 h.
- Texte : Svetlana Alexievitch
- Mise en scène : Coralie Emilion-Languille
- Comédienne : Coralie Emilion-Languille
- Lumière : Moira Dalant
- Genre: théâtre
- Public : adulte
- Durée : 50 minutes
« Valentina Tchernobyl » est une adaptation d’un témoignage extrait de « la supplication » de Svletana Alexievitch ; texte que je n’ai jamais osé lire de peur de ne pouvoir en soutenir l’horreur. Le découvrir théâtralisé m’a semblé un bon compromis et j’ai bien fait.
Seule en scène, Coralie Emilion-Languille endosse le témoignage d’une grande amoureuse, veuve de son mari liquidateur à Tchernobyl. Elle raconte l’amour fou, le basculement de la vie ce 19 octobre 1986 qui, ironie du sort, est aussi le jour de son anniversaire. Elle dépeint, par le menu, la transformation « en monstre », de son mari, atteint d’un cancer, pas de n’importe quel cancer mais d’un cancer de Tchernobyl. Elle confie enfin l’abandon dans lequel ces hommes -les tchernobyliens- et leur famille ont été laissés.
Tout le spectacle repose sur la présence et le jeu de Coralie Emilion-Languille. Le plateau est résolument nu, simplement habillé d’une lumière subtile. Coralie Emilion-Languille, porte-parole de ceux qui n’ont pas voix au chapitre, oscille entre l’épanouissement solaire de la femme amoureuse, et le désespoir-incrédule, révolté, inextinguible, de celle à qui l’on a pris sa raison d’être. Le ton est juste, la sobriété de mise, l’émotion pleine.
« Valentina Tchernobyl » conjugue vulgarisation réussie d’un évènement dramatique largement minimisé et performance théâtrale.
Catherine Wolff