Une maison de poupée

Note 3 étoiles

Spectacle de la Compagnie Plexus Polaire (58), vu au Théâtre Silvia Monfort à Paris le 28 mars 2026

  • Mise en scène : Yngvild Aspeli et Paola Rizza
  • Actrice-marionnettiste : Yngvild Aspeli, en alternance avec Maja Kunši
  • Acteur-marionnettiste :Viktor Lukawski, en alternance avec Jofre Carabén
  • Composition musique : Guro Skumsnes Moe
  • Chorale -: Oslo 14 Ensemble
  • Fabrication marionnettes : Yngvild Aspeli, Sébastien Puech, Carole Allemand, Pascale Blaison, Delphine Cerf, Romain Duverne
  • Scénographie : François Gauthier-Lafaye
  • Fabrication décor : Eclektik Sceno
  • Lumière  : Vincent Loubière ou Marine David
  • Costumes : Benjamin Moreau
  • Son : Simon Masson ou Raphaël Barani
  • Plateau et Manipulation : Alix Weugue ou Léa Bres
  • Dramaturgie : Pauline Thimonnier
  • Chorégraphie :– Cécile Laloy
  • Genre : théâtre – marionnettes
  • Public : Tout public
  • Durée : 1h20

La Compagnie Tous les jours de la vie rejoue la dernière de l’émission Lune de Fiel, diffusée entre 1986 et 1989 sur Radio Fréquence Gaie, sur fond d’épidémie de sida.

Sur le plateau, cinq interprètes nous font vivre la dernière de Lune de Fiel, émission fondée sur le concept de la libre antenne, durant laquelle des auditeurs et auditrices, hétérosexuel•le•s comme homosexuel•le•s, appellent pour parler sans complexe de leurs différents problèmes sexuels. Le ton est volontairement libre, railleur, parfois vulgaire. Les appels se succèdent pour témoigner, questionner et partager des doutes.

L’écriture de la pièce naît à partir de l’écoute d’archives de l’émission, que Julien Lewkowicz retravaille et tisse avec des monologues fictionnels, creusant les liens entre les cinq animatrices et animateurs. Si, à l’antenne, le ton est trivial, joueur, les apartés de chaque personnage, elles, sont teintées d’autre chose. Derrière le rire, il y a la mort imminente de l’un d’entre eux, David Girard, figure emblématique du milieu gay des années 80, emporté par le sida à seulement 31 ans. Derrière le rire, il y a ce qu’on tait, la peine et la terreur.

La question que pose le spectacle est celle de la mémoire. Même si aujourd’hui l’homosexualité est moins taboue que dans les années 80, les archives de l’émission restent rares et complexifient la transmission du vécu des homosexuel•les des générations précédentes. Comment, alors, faire transmission de l’intime ?

Anne-Charlotte Mesnier

 

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