- auteur⸱ice : Yohann Métay
- Interprète : Yohann Métay
- Production : Juliette Daubié, Nicolas Demare, Aurélie Thuot
Un homme entre en scène. Il porte un maillot blanc, une combinaison bleue dont le haut est baissé et noué autour de la taille, ainsi qu’un bonnet de bain orné de petites « coquilles » sur les oreilles. Dans sa main, un petit cercle lumineux qu’il fait lentement bouger attire immédiatement le regard. L’image est intrigante, presque poétique. Dès les premières minutes, il nous annonce le thème de la soirée : la solitude. Un sujet universel, profond, qui laisse imaginer un spectacle à la fois drôle et touchant.
Seul sur scène, Yohann Métay capte immédiatement l’attention. Il joue avec le public, interpelle les retardataires, les taquine avec une aisance remarquable et transforme chaque imprévu en moment comique. À partir de la solitude, il enchaîne les digressions : un voyage en TGV, des soirées entre amis, Center Parcs, des billets achetés à prix d’or, la Vendée, la guerre… Peu à peu, le fil conducteur semble s’effacer, mais une chose demeure : on rit énormément. Son énergie et son sens du rythme emportent la salle, même lorsque le propos s’éloigne de son point de départ.
Le dépouillement de la mise en scène participe à cette proximité avec le public. Aucun décor, aucun accessoire, ou presque : seule sa montre l’accompagne au début. Tout repose sur sa présence, son jeu et sa parole.
J’ai parfois eu le sentiment que le spectacle partait un peu dans tous les sens. Yohann Métay le reconnaît lui-même : cette création est encore en construction. En s’attaquant à un thème aussi vaste que la solitude, il est facile de s’y perdre. Mais il compense largement par une formidable capacité d’improvisation et d’adaptation. Lorsqu’un spectateur choisit Les Lacs du Connemara de Michel Sardou et qu’il doit en mimer les paroles, l’exercice devient aussi inattendu que réjouissant. Avant la représentation, plusieurs personnes m’ont confié avoir vu ses précédents spectacles et attendre celui-ci avec impatience, preuve de la fidélité de son public.
Je recommande ce spectacle à celles et ceux qui souhaitent passer une excellente soirée, sans prise de tête, en compagnie d’un humoriste talentueux. Un conseil toutefois : restez vigilants, vous pourriez bien être sollicités pendant la représentation.
Au Festival Off d'Avignon 2026, Les 5, 7, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 25 juillet à 20h15 au Théâtre des Corps Saints
- Autrices : Camille Broquet, Marion Pouvreau
- Mise en Scène : Edward Decesari
- Comédiennes : Camille Broquet, Marion Pouvreau
- Régie : Sébastien Bouvet
- Lumières : Simon Maulevrier
Madame Bovary, en plus drôle et en moins long revisite avec humour le célèbre roman de Gustave Flaubert. Camille et Marion, deux jeunes femmes décalées, complices et pleines d'autodérision, s'emparent de ce classique que tant de générations de lycéens ont étudié, souvent avec un certain ennui.
La mise en scène est simple et maligne : un petit éclairage accompagne leurs lectures, on imagine le livre entre leurs mains, les pages qui se tournent, puis, au centre de la scène, elles jouent et réinventent Madame Bovary. Quatre ou cinq poufs aux couleurs très flash, très actuelles et design, contrastent avec leurs costumes noirs. Ce décalage crée presque une métaphore visuelle : face à l'abondance de descriptions chez Flaubert, parfois un peu lassantes, la scène répond par une énergie vive, colorée et tonique.
Par moments, l'une lit des passages du roman tandis que l'autre les commente à sa manière, comme une dissertation complètement déjantée. Cette relecture assume une part d'absurde et de fantaisie, mais sans jamais trahir l'œuvre originale : elle reste étonnamment fidèle à l'histoire de Madame Bovary.
Le résultat est vif, intelligent et accessible : on rit beaucoup, on ne s'ennuie jamais, et on redécouvre Madame Bovary sous un jour totalement nouveau. Un spectacle aussi malin que réjouissant.
À tous ceux qui aiment le théâtre drôle et intelligent, aux amateurs de littérature comme à ceux qui ont gardé un souvenir un peu douloureux de Madame Bovary. Même sans avoir lu le roman, on prend un immense plaisir à suivre cette relecture inventive et décalée.
Un grand bravo à ces deux comédiennes, excellentes de justesse, de complicité et d'énergie. Elles jouent, racontent, chantent, improvisent avec une précision remarquable et nous offrent un vrai moment de plaisir théâtral.
Ce spectacle se joue du 04 au 25 juillet 2026 au Théâtre des Corps Saints à 11 H 15. Relâche le 16 juillet
- Mise en Scène : Cyril Cotinaut
- Comédiens-nes : Habib Adda, Dayana Bellini, Wacil Ben Messaoud, Moussa Cissé, Véra Cupic-Vojnovic, Gradi Kumbi,
- Kahina Lahoucine, Ana Lorvo
- Lumière : Andréa Vida
Dès l'entrée dans la salle, les comédiens sont déjà présents sur scène. Les uns sont seuls, les autres discutent, jouent ou échangent avec le public. On a l'impression d'arriver dans un lieu de vie, comme une rue ou un petit village où tout le monde se connaît déjà. Cette proximité crée immédiatement une atmosphère chaleureuse et donne le sentiment d'être plongé au cœur de leur univers avant même que la représentation ne commence.
Avec cette relecture contemporaine d'Andromaque, la Compagnie Kourtrajmé prouve que le chef-d'œuvre de Racine, écrit il y a près de quatre siècles, résonne encore avec une étonnante modernité. Les alexandrins se mêlent à un langage d'aujourd'hui avec beaucoup de fluidité, offrant une lecture vivante et accessible de ce grand classique.
La mise en scène est volontairement dépouillée : aucun décor, toute l'attention est portée sur le texte et sur le jeu des comédiens. Et quel jeu ! Mention spéciale à cette jeune troupe, à l'image de la France d'aujourd'hui, riche de sa diversité. Leur professionnalisme est remarquable. Déclamer avec autant de justesse, de clarté et de naturel des vers écrits il y a près de quatre cents ans demande une véritable maîtrise, et ils y parviennent avec brio.
Habillés comme dans la vie de tous les jours, les comédiens apportent une véritable modernité à l'œuvre. Leur engagement physique et leur complicité sont tels qu'on oublie parfois qu'ils jouent : on a l'impression d'assister à des échanges d'une grande spontanéité. On sent une troupe extrêmement soudée, et cette cohésion donne toute sa force au spectacle.
J'ai passé un excellent moment devant cette relecture contemporaine d'Andromaque. Une proposition audacieuse, intelligente et portée par une jeune troupe talentueuse, à laquelle j'adresse un immense bravo.
Ce spectacle s'adresse autant aux amateurs de théâtre classique qu'à ceux qui aiment les relectures contemporaines engagées et accessibles.
le spectacle se joue du 4 au 25 juillet 2026 au Théâtre des Carmes à 22 H 15. Relâche les mercredis
- Chorégraphe : Catherine Dreyfus
- Dramaturgie : Noémie Schreiber
- Interprétation : Victor Lamard-Paget, Gianluca Girolami, Federica Miani
- Scénographie : Romain Lalire
- Création lumières : Aurore Beck
- Musique : François Caffenne
- Costumigraphie : Noé Quilichini (Stagiaire : Esther Amilien)
- Régie de tournée : Milan Dubau
- Construction décor : Frank Oettgen / Chaabane Mesbah
- Construction lumière : Olivier Merlet
En ne lisant que le titre, on ne se doute pas que la chorégraphe, Catherine Dreyfus, va aborder un sujet tel que l'adolescence. Et pourtant lorsqu'on se pose et qu'on y réfléchit un peu, cela coule de source et c'est très bien vu.
Le homard, lorsqu'il arrive à une certaine période de sa vie, va perdre la carapace qui le protégeait jusque là car elle devient trop petite, elle va l'oppresser et l'empêcher de continuer son développement.
Il doit donc durant cette transition, se mettre à l'abri car il est vulnérable, le temps de sécréter sa nouvelle carapace.
C'est ce que Françoise Dolto a appelé " le complexe du homard" lorsqu'elle a étudié le développement des enfants et des adolescents.
Un adolescent dans les années 60, 80, 2000 n'évoluait pas de la même façon qu'un adolescent dans les années 2020. La place des réseaux sociaux est aujourd'hui centrale et ce avant l'adolescence pour nombre d'entre eux.
Il y a toujours eu des formes de danger desquels on devrait les protéger. Aujourd'hui, le danger est évidemment toujours là mais en plus, il est sournois et a une force de frappe différente.
C'est de cela que la chorégraphe veut nous parler.
On adore la dynamique des trois danseurs qui sont très talentueux.
Les décors et les jeux de lumière sont très efficaces.
La thématique est très intéressante et est travaillée de façon très complète, avec une approche pédagogique en live.
C'est une très belle découverte.
Festival Off Avignon, du 4 au 24 juillet, jours pairs au Théâtre La Scierie
- Adaptation et Mise en scène : Tigran Mekhitarian
- Interprètes : Julia Cash, Délia Espinat Dief, Axel Giudicelli, Chloé L'Orphelin, Nicolas Lebricquir, Tigran Mekhitarian, Etienne Paliniewicz, Soulaymane Rkiba
La compagnie En scène ! Productions a réalisé une nouvelle prouesse à travers l'adaptation de cette pièce mythique, reprise et adaptée maintes et maintes fois.
L'année dernière, déjà, leur travail sur le Malade imaginaire avait été remarquable.
Cette fois-ci encore, cette troupe nous épate avec ce travail sur l'univers de l'Avare.
C'est complètement déjanté, c'est truculent, ça va à mille à l'heure, à croire qu'ils mettent les doigts dans une prise avant de monter sur scène. Ils excellent dans le fait de moderniser les grands classiques de Molière tout en conservant le texte original.
On prend beaucoup de plaisir à se laisser surprendre à chaque fois qu'ils glissent des commentaires modernes ou des allusions en rapport avec l'actualité parce qu'on ne les attend pas à ce moment là !
Ils sont très très forts et jouent admirablement bien
Ne passez pas à côté !
Festival Off Avignon, du 4 au 25 juillet à 17h au Théâtre du Chêne Noir
- Texte : Thibaut Boidin
- Mise en scène : Thibaut Boidin
- Comédien : Thibaut Boidin
- Costumes : Thibaut Boidin
- Décors : Thibaut Boidin
Un décor lugubre accueille le spectateur, une ambiance particulière presque pesante
entre encens, lumière sombre et chant lyrique.
Une gouvernante à l'allure défraîchie, rouge à lèvre grossier sur son visage, est
sur scène. Elle fait des grimaces et des mimiques un peu effrayantes à chaque fois
qu’un spectateur entre et elle donne des indications sonores sans piper mot.
C’est l’histoire complètement déjantée de cette gouvernante qui prépare une table
pour la maîtresse de maison, une certaine Denise, qui aime que chaque chose soit
faite comme elle l’entend et quand elle l’a décidé. Elle n’entrera dans la pièce que
lorsque tout sera à son goût.
Il y a aussi, le fils de Denise, le petit Denis, caché derrière les rideaux, que la femme
de chambre essaie d’endormir avec le concours des spectateurs.
Au fur et à mesure, qu’avec l’aide du public, elle met tout en place, elle nous raconte
l’histoire triste, celle du petit Paul qui a vécu une véritable tragédie lors d’un repas de
famille. C’est l’histoire qu’il utilise pour endormir le petit Denis et cela fonctionne.
Au fur et à mesure, on en apprend de plus en plus sur le contexte de cette fameuse
tragédie.
Le décor et l’intrigue sont tellement bien ficelés qu’on comprend que l’auteur est allé
puiser son inspiration dans sa mémoire, dans ce qu’il a vécu durant son enfance.
Cela rend le décor très crédible et sincère. L’intrigue est conçue comme un puzzle
dont les pièces arrivent au fur et à mesure, de sorte que le spectateur est tenu en
haleine.
Il y a tout dans ce spectacle, de l’humour, du mime, du clown, de la tendresse, de la
poésie. L’auteur et interprète joue incroyablement bien. Il a du génie dans son jeu.
C’est une très belle découverte.
Malgré la dureté de l’histoire de Paul, le comédien arrive à nous faire rire du début à
la fin. Il fait participer les spectateurs tout au long de la pièce et tous construisent la
fin de l’histoire.
C’est un vrai coup de coeur. Impossible de venir sur cette édition du festival sans
répondre à l’invitation de Denise Jardinière.
Festival Off Avignon, à 21h45 au Théâtre Notre Dame. Relâche les mercredis
- Cédric Revollon – Mise en scène
- Camille Blouet – Interprétation
- Anaël Guez – Interprétation
- Nadja Maire – Interprétation
- Sarah Vermande – Interprétation
- Julie Coffinières – Collaboration artistique
- Rodolphe Dubreuil – Musique
- Sandrine Lamblin – Scénographie
- Christophe Legars – Régie
- Cyrille Louge – Vidéo
- Jean-Christophe Planchenault – Lumière
Au Théâtre de l’Entrepot, pendant la canicule du mois de juillet, il fait si bon d’attendre le début du spectacle dans la cour ombragée, attablé à l’une des tables de bois. On peut y boire un verre ou y manger.
Juste Irena. C’est si juste – l’histoire, la mise en scène, l’interprétation. Tout y est tellement juste ….
Iréna fait partie des « justes », femmes et hommes non juifs, qui ont aidé les juifs pendant la seconde guerre mondiale. Iréna est assistante sociale à Varsovie où le Ghetto se forme, se ferme. Les juifs y périssent de faim, de froid, de maladies …. Les déportations vers les camps de concentration se font de plus en plus fréquents, le Ghetto se vide petit à petit. « L’homme est un loup pour l’homme » (Hobbes).
Iréna et ses collègues aident les juifs comme elles peuvent en apportant vêtements, nourriture, réconfort. Mais ce sont surtout les enfants dont elles s’occupent et pour lesquels elles développent moultes stratégies pour les exfiltrer du Ghetto au péril de leur propre vie. Elles en ont sauvé 2500 …
Dans le spectacle, l’histoire est narrée par un trio d’étudiantes du Kansas qui ont choisi ce sujet pour la présentation d’un exposé. Au cours de leurs investigations, elles arrivent à retrouver Iréna qui est toujours en vie. “Les héros font des choses ordinaires. Ce que j’ai fait n’était pas extraordinaire, c’était normal.” Irena Sendlerowa.
L’alternance des scènes contemporaines avec celles du Ghetto crée des intermèdes légers qui nous permettent de ne pas sombrer dans la terreur du nazisme.
Sur scène, les décors sont mobiles, multifonctionnels, créent les différentes ambiances sous nos yeux en un tour de main. Théâtre d’ombre se mêle à de la projection et du jeu d’acteurs sur scène.
Les 4 actrices incarnent les rôles des lycéennes et ceux des protagonistes de l’histoire d’Iréna avec un jeu d’acteur ou avec des marionnettes portées, magnifiques marionnettes. Leur interprétation est juste, toute en finesse.
C’est terrifiant, digne, émouvant, inspirant de courage. Une leçon de vie.
Nous sommes plusieurs à avoir pleuré. Pleuré d’émotion, peut-être de peur, de tristesse, d’espoir – ou juste d’intensité.
Le public est debout, conquis.
A jouer dans tous les collèges et lycées de France (ou du monde), à voir aussi en famille, absolument sans modération.
Volume sonore important par moment.
- Texte : Stéphane Jaubertie
- Mise en scène et scénographie : Jérôme Wacquiez
- Distribution : Charlotte Baglan, Flora Bourne Chastel, Radoslav Majerick, Emilien Rousvoal, Olivier Ruidavet, Patricia Thevenet et Jérôme Wacquiez
- Création lumière : Tom Bouchardon
- Création sonore : Manon Lepauvre
Un couple admire, comme chaque soir, le coucher du soleil depuis leur jardin. Ils regardent le soleil disparaître au delà d'un mur immense derrière lequel ils se sentent en sécurité.
Tout à coup, une angoisse. Et si le soleil ne revenait pas le lendemain ?
C'est l'histoire d'une communauté qui vit bien à l'abri depuis de nombreuses années derrière un mur.
Derrière ce mur, il y a une forêt, que les habitants pensent dangereuse.
Ils ne savent pas vraiment si la forêt est habitée, ni même s'il y a un réel danger.
Un matin, les habitants de la résidence se réveillent et le mur a disparu. La panique les gagne et ils vont tour à tour chercher des solutions pour se mettre en sécurité, reconstruire le mur, prévoir de quoi se défendre.
A travers ce mur qui disparaît, c'est les murs intérieurs de chacun des personnages dont ils vont devoir s'inquiéter.
Dans l'adversité et face à la peur, on voit rapidement la vraie nature des gens faire surface et les personnalités vont laisser apparaître assez rapidement la dualité entre l'individualisme et la force du collectif.
Le texte est très bien écrit. Les décors servent subtilement la narration.
Le sujet n'est pas facile et le parallèle avec les différents malheureux murs anti civilisation qui ont été construits n'est pas difficile à faire.
C'est une jolie pièce contemporaine, bien écrite et bien jouée qui mérite d'être vue.
C'est une prise de risque incontestable pour l'écriture et la mise en scène.
Je recommande ce spectacle pour les adultes.
Festival Off Avignon, jusqu'au 25 juillet, tous les jours au Théâtre de L'Oulle à 15h30
- Mise en Scène : Denis Lachaud
- Auteur : Sandie Masson
- Comedien-ne : Sandie Masson, Benoît Giros
- Lumière : Eric Schoenzetter
- Régie : Léa Mathé
Paul et Julie assistent à un spectacle où trois couples tentent de sauver leur relation. En observant ces histoires, ils se reconnaissent peu à peu dans les failles, les doutes et les élans des personnages. Ce qui n'était qu'un spectacle devient alors le miroir de leur propre histoire. Avec plaisirs nous entraîne dans une réflexion sensible sur le couple, l'amour et la difficulté d'accepter l'autre dans toute sa vérité.
La mise en scène fait le choix de la simplicité, laissant toute la place à l'écriture et aux interprètes. Les scènes s'enchaînent avec fluidité, alternant des instants de légèreté et des moments plus bouleversants. Cette sobriété permet au propos de résonner pleinement et met en lumière l'authenticité des émotions.
J'ai beaucoup aimé Avec plaisirs. C'est une pièce profondément humaine qui parle des relations de couple avec beaucoup de finesse, d'intelligence et de sensibilité.
Le texte, remarquablement écrit par Sandie Masson, est d'une grande justesse. Il aborde le désir féminin autant que le désir masculin, les fragilités, les non-dits, les blessures et les remises en question qui jalonnent une vie à deux. Sans jamais juger ni opposer les femmes et les hommes, il ouvre un dialogue empreint d'humanité sur ce qui nous rapproche autant que sur ce qui nous éloigne.
Sandrine Masson et Benoît Giros portent cette écriture avec un talent remarquable. Leur interprétation est d'une sincérité et d'une précision qui impressionnent. Chaque regard, chaque silence, chaque émotion trouve sa juste place. Ils nous font rire, nous touchent profondément et donnent à leurs personnages une vérité qui ne sonne jamais faux.
Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est que cette pièce ne prétend pas apporter de réponses. Elle nous invite simplement à nous interroger : comment continuer à aimer lorsque les masques tombent ? Comment accueillir l'autre dans toute sa complexité, avec ses désirs, ses failles et ses contradictions ?
On ressort de ce spectacle avec le cœur un peu plus ouvert et l'envie de prendre davantage soin des liens qui nous unissent. Avec plaisirs est une très belle réussite : un texte intelligent et sensible, porté par deux comédiens d'une remarquable justesse, qui nous rappelle que l'amour se nourrit avant tout d'écoute, de vérité et d'acceptation.
Je recommande cette pièce à toutes celles et ceux qui aiment les spectacles où l'humain est au cœur du propos. Elle parlera particulièrement aux personnes en couple, mais aussi à celles qui l'ont été ou qui s'interrogent sur les relations amoureuses. Les plus jeunes comme les plus âgés pourront y trouver un écho à leur propre histoire. Si vous aimez les textes intelligents, sensibles, servis par une interprétation d'une grande justesse, alors Avec plaisirs est une pièce à ne pas manquer. On en ressort touché, avec l'envie de porter un regard plus bienveillant sur soi-même et sur l'autre.
Ce spectacle est au Théâtre off du 04 au 25 juillet 2026 à Artéphile . Relâche les 5, 12, 19 juillet.
- D'après "Trencadis" de Caroline Deyns
- Adaptation théâtrale : Jessica Astier, Thierry Surace
- Mise en scène : Jessica Astier, Thierry Surace
- Interprétation : Jessica Astier, Julien Faure, Thierry Surace
- Décoration : Isabella Aprà
- Scénographie : Jené Lola
- Collaboration artistique : Catherine Eschapasse
Au Théâtre du Roi René, il y a des salles très différentes. Nous sommes dans un lieu religieux très ancien avec des peintures originelles aux murs ce qui ne manque pas de rajouter du charme au spectacle.
Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle, dite "Niki", l’artiste emblématique du XXe siècle, nous apparaît enfant. Un peu capricieuse, pas très aimée de sa mère, une relation douloureuse avec son père. Elle grandit, nous narre ses premiers émois amoureux, son mariage, sa vie de mère, mais surtout ses souffrances intérieures, son internement en clinique psychiatrique. « J'ai commencé à peindre chez les fous… « J'y ai découvert l'univers sombre de la folie et sa guérison, j'y ai appris à traduire en peinture mes sentiments, les peurs, la violence, l'espoir et la joie. »
A la recherche d’une sérénité, de quelque chose de plus absolu, elle va s’émanciper, quitter son foyer, vivre à Paris pour s’adonner à 100% à la vie artistique. Elle y rencontre Jean, son compagnon pour toujours, vit avec lui en union libre pour enfin l’épouser.
Née en 1930, Niki de St Phalle est devenue l’artiste emblématique du XXe siècle, a été précurseure et révolutionnaire pour la condition des femmes et des femmes artistes.
C’est l’histoire de la purification de souffrances juvéniles par la pratique de l’art. C’est drôle et tendre, dur et joyeux.
Sur la petite scène dans ce lieu qui n’est pas conçu pour les spectacles, la mise en scène est astucieuse, le décor mobile pour créer les différentes ambiances et lieux. Trois acteurs jouent tous les rôles, mais incarnent aussi des objets. Un grand bravo à Jessica Astier qui nous tient en haleine pendant 1h20 sans jamais quitter la scène.
J’ai mis un peu de temps pour rentrer dans l’histoire, pour finalement y être totalement absorbée. Le public a aimé.
Amateurs de l'histoire de l'art, de Niki de St Phalle et d'histoires de femmes révolutionnaires.
Présence d'armes à feu / armes blanches