Prométhée

Prométhée

Juana DLUBALA
VIVANT

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  • Auteur : Martin Harriague
  • Chorégraphie : Martin Harriague
  • Danseurs : Ballet de l'opéra du Grand Avignon
  • Musique : Ludwig van Beethoven
  • Musique : Fabien Cali
  • Costumes : Mieke Kockelkorn

Dès les premières minutes, le ton est donné. Une ambiance lugubre s'installe sous une lumière blanche, froide, presque clinique. Deux lits occupent le plateau, sur lesquels reposent deux corps recouverts d'un drap. Autour d'eux, des silhouettes vêtues de combinaisons blanches s'affairent avec une étrange fébrilité. Puis deux hommes, débarrassés de leur combinaison, entreprennent de faire bouger les cadavres, cherchant inlassablement à leur insuffler la vie. Une scène saisissante qui fait immédiatement écho au mythe de Prométhée, ce Titan qui osa façonner l'homme avant de tenter de lui donner son élan vital.

Le spectacle déroule ensuite une succession de tableaux inspirés de la mythologie grecque. On y retrouve les grandes étapes de la légende : la création de l'être humain, le vol du feu destiné aux hommes, la colère de Zeus, l'enchaînement de Prométhée à son rocher, mais aussi des références aux musées où son histoire continue de vivre à travers les œuvres d'art. Ces évocations alternent avec de puissantes danses collectives qui donnent au récit une dimension résolument contemporaine.

La mise en scène séduit par sa sobriété. Un sol blanc, un mur blanc et quelques éléments de décor suffisent à créer un univers fort. Les costumes font également l'objet d'un remarquable travail. Les chorégraphies, exigeantes et énergiques, mêlent enroulés, contorsions et mouvements contemporains avec une grande maîtrise. Les danseurs apparaissent parfois en ombres chinoises, multipliant les poses qui rappellent les figures de la mythologie.

Certaines scènes restent durablement en mémoire. Celle où les interprètes tentent de donner vie aux cadavres est particulièrement marquante. La séquence du musée, où des personnages en noir et blanc évoluent avec une lenteur presque hypnotique, contraste magnifiquement avec l'intensité du reste du spectacle. Les tableaux en ombres chinoises sont également d'une grande beauté, notamment lorsque les danseurs s'empilent pour faire apparaître la silhouette d'un taureau.

Si vous aimez la danse contemporaine et les spectacles qui allient intelligence, esthétique et puissance visuelle, cette création signée Martin Harriague mérite toute votre attention. Une mise en scène inspirée, des chorégraphies superbes et un univers visuel fascinant : un spectacle à ne pas manquer.

Au Festival Off d'Avignon 2026, à la Scala Provence, à 18h30, du 14 au 25 juillet, relâche le 20 juillet

Infos pratiques

Compagnie :
Ballet de l'Opéra Grand Avignon
Représentation :
19 juillet 2026 à 18:30
Lieu :
La Scala, Avignon (84000)
Durée :
1h
Public :
Tout public à partir de 10 ans
Événement :
Festival Off d'Avignon 2026

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