- Texte : Géraldine Martineau
- Mise en scène : Justine Heynemann assistée de Jinane Dolbec
- Comédiens.nes : Géraldine Martineau et Ulysse Chaffin
- Scénographie et costumes : Marie Hervé
- Création sonore : Ulysse Chaffin
- Lumières : Héléna Castelli
- Chorégraphie : Charlotte Avias
- Création sonore : Sylvain Jacques
- Ecriture des titres projetés : Melvil Martineau
- Voix de la mère : Isabelle Martineau
Faute de metteurs en scène habituels à suivre, ce mois de septembre est celui des découvertes. Il y en a de belles. "Orso et moi" est de celles-là.
« Orso et moi » s’empare d’un sujet universel et pourtant tellement invisibilisé, la maternité. Pas en sa version édulcorée mais bien plutôt en ce qu’elle peut avoir de plus rude dans notre monde contemporain. « Le plus beau jour de notre vie n’a pas eu lieu ». C’est en ces mots que le spectacle raconte la naissance d’Orso : l’enfant frôle la mort et la mère perd connaissance. Orso est sauvé, pourtant l’onde de choc se propage, fissure le couple et défait le trio familial. Pour ne pas sombrer, la mère embarque Orso dans son imaginaire où leur maison devient un bateau pirate, véritable bouée de sauvetage au service de leur survie. Une vraie épopée.
Le texte résonne avec authenticité. Il est tantôt dramatique, tantôt poétique ; parfois drôle et éminemment politique. Ainsi, le premier tableau est-il l’occasion de dénoncer la violence et la culpabilisation persistante du corps médical à l’encontre des parturientes. La mise en scène embrasse l’ensemble de ces registres avec brio.
Le décor est sobre et ingénieux. Des allemandes en tulle délimitent une pièce équipée de quelques meubles recouverts de couches carrées (deux tabourets rangements, un caisson à roulette, un lit de fer, une armoire). L’atmosphère est plutôt aseptisée comme dans une chambre d’hôpital. Mais bientôt, l’armoire s’ouvre et laisse paraître un musicien live (clavier, synthé, basse et chant). Le décor poursuit sa déstructuration pour donner à voir une silhouette de bateau tandis que la lumière, très délicatement, souligne les différentes ambiances.
Ils sont deux interprètes à évoluer dans cet espace. Ulysse Chaffin est tout à la fois silence et son. Sa musique accompagne la dramaturgie ; sa présence silencieuse mais non moins habitée, dans plusieurs scènes, font de lui le fantôme du masculin. Géraldine Martineau, en voix naturelle, incarne tous les autres personnages : la mère, l’enfant, le père mais aussi les soignants. Non seulement, elle change de voix avec un naturel déconcertant mais elle vit physiquement ses personnages. Elle danse parfois pour mieux restituer une émotion ; la tempête que peut être un accouchement, par exemple. Telle une marionnettiste, elle manipule une couche carrée en guise de nourrisson et l’intensité émotionnelle est là.
Vous l’aurez compris, le jeu est superbe.
« Orso et moi » est un spectacle complet qui montre les affres et les joies de la maternité. Il pose des questions essentielles sur le devenir mère, la transmission, la force du lien. Malgré quelques longueurs, « Orso et moi » est une catharsis en soi.
Un spectacle pour adultes à recommander à toutes les femmes.
Infos pratiques
- Compagnie :
- Soy creation
- Représentation :
- 29 septembre 2026 à 19:00
- Lieu :
- Théâtre de la Colline, Paris (75020)
- Durée :
- 1h20
- Public :
- Adulte
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Chroniqueur·euse
Région parisienne
Tombée dans le théâtre à 5 ans. Depuis, par mes études, ma vie personnelle et professionnelle, je n'en suis jamais sortie.
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