- Mise en scène : Maxime PIPREL
- Interprètes : Lochlann COQUOIN, Jérémy FAUCON, Hugo GASPARINI, Chloé GRULOIS, Dimitri HILDEBERT, Morgane RAOUT, Yann VITAL, Brieuc WATERMAN
- Décoration : Corentin CAVASSE
- Création Lumière : Alain DUDRAGNE
- Décoration : Gaëtan LEFAUT
- Création Son : Aurélien POT
Avant l’ouverture du rideau, le metteur en scène nous explique ce qu’est une couturière. Il précise qu’ils sont une jeune compagnie de théâtre peu argentée, que pour des raisons budgétaires évidentes, ils ne sont que 6 comédiens qui vont devoir endosser tous les rôles. Il nous demande d’être indulgents… Le régisseur, qui clairement ne possède pas sa partie, fait alors sa première irruption sur scène, qui sera suivie de nombreuses autres, aussi inefficaces que mal à propos…
Une jeune compagnie de théâtre a convié un public d’amis pour assister à la « couturière » de leur tout premier spectacle, Hamlet, la célèbre pièce de Shakespeare. Malgré quelques ajustements en cours dont le texte partiellement maîtrisé, une mise en scène en devenir, des réglages sonores et lumineux à finaliser, ainsi que des décors en construction, tout se déroule dans une ambiance certes prometteuse mais très chaotique ! Cependant, la première est dans 48heures et là, vraiment, il faut vraiment s’y mettre !
Le plateau est habillé de pendrillons noirs. Pas grand-chose comme décor si ce n’est une espèce de banc qui ne possède même pas d’assise dans un coin ! L’un des comédiens apparaît sur le plateau en tenue de ville, il prétend ne pas avoir eu le temps d’enfiler son costume. C’est ensuite l’enchaînement de catastrophes, du fumigène qui ne fonctionne pas ou trop, aux pendrillons qui s’écroulent, justifiant l’intervention du régisseur avec une échelle sur laquelle il s’avère incapable de monter, des accessoires manquants ou défectueux, etc…
Que dire des personnages ? Les traits sont outranciers, Hamlet se prend pour une diva, la reine Gertrude fait part de ses revendications salariales pendant toute la pièce, Ophélie joue trop bruyamment la folie après la mort de son père et de son frère et casse les oreilles à tout le monde… Jusqu’au représentant d’un comité de Bretons Mélomanes qui s’invite sur le plateau à plusieurs reprises. Son groupe doit répéter dans la salle voisine, et il demande à la troupe de se presser un peu, car ils vont faire beaucoup de bruit… Tant pis pour eux !
Bref, un catalogue de tout ce qu’il ne faut pas faire quand on monte une pièce ! La compagnie A trois, on y va ! a su rendre hilarante une pièce qui n’est pas précisément la plus drôle du grand Shakespeare… Et il faut un sacré talent à cette jeune troupe issue du Cours Florent – qui a remporté avec ce spectacle le Trophée de la création au Printemps du rire 2023 à Toulouse – pour donner l’apparence d’un manque total de maitrise, alors que tout est parfaitement maîtrisé, grâce à une écriture et une mise en scène qui ne laissent rien au hasard …
N’en déplaise aux puristes, tous les éléments qui constituent la pièce de Shakespeare sont là, personnages et situations. Pour ma part, j’ai trouvé que çà faisait vraiment du bien de rire de bon cœur pendant plus d’une heure, et très clairement, je n’étais pas la seule. La salle était comble, et le spectacle affiche complet pour plusieurs représentations.
Alors, allez-y sans hésitation en famille. Et si cette proposition totalement foutraque amène les plus jeunes à s’intéresser au théâtre classique, c’est tant mieux, et c’est çà de gagné !
Au festival d'Avignon Off du 4 au 25 juillet sauf jeudi
Infos pratiques
- Compagnie :
- A trois, on y va !
- Représentation :
- 8 juillet 2026 à 13:15
- Lieu :
- Théâtre du Rempart, Avignon (84000)
- Durée :
- 1 h 10
- Public :
- tout public à partir de 10 ans
- Événement :
- Festival Off Avignon du 4 au 25 Juillet au théâtre du Rempart, sauf le jeudi
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Chroniqueur·euse
Gard / Hérault
Passionnée d'abord de cinéma, je suis venue au théâtre il y a près de 25 ans
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