Spectacle de Chloé Oliveres, produit par Little Bros. (75018) vu au Théâtre 13 (Glacière) le 16 janvier 2026 (Paris 13)
- Texte et jeu : Chloé Oliveres
- Co-mise en scène et collaboration à l’écriture : Papy
- Scénographie : Émilie Roy
- Lumière : Arnaud Le Dû
- Chorégraphie : Louise Fafa
- Costumes : Sarah Dupony
- Chorégraphie : Jean-Marc Hoolbecq
- Genre : Théâtre contemporain
- Public : Tout public
- Durée : 1h20
Sur le petit livret du spectacle, Chloé Oliveres introduit son propos par une phrase de l’historienne Christine Bard : « Les femmes qui dérangent sont vues comme dérangées ». L’autrice, metteuse en scène et comédienne nous embarque dans une introspection éminemment politique sur la santé mentale et la condition des femmes.
Chloé Oliveres construit son seule-en-scène depuis une envie farouche de comprendre d’où vient sa peur profondément ancrée : celle d’être folle. Anxiété, dépression post-partum, Chloé Oliveres partage ses difficultés psychologiques et en questionne l’origine. Pour cela, elle part à la rencontre de son matrimoine : sa mère, sa grand-mère et son arrière-grand-mère Victorine, « mélancolique », internée à Saint-Anne, incarne avec brio et amour chaque personnage. Elle donne à entendre les cris de Victorine face à un destin empêché, celui d’une femme réduite à la fonction domestique, comme tant d’autres.
Le spectacle alterne entre l’incarnation des aïeules et le retour au présent de l’enquête, véritable plongée dans les archives de Sainte-Anne. Au plateau, l’actrice irradie de sincérité et de courage, déployant un jeu clownesque, plein d’agilité et de malice. Décortiquant les désirs et les angoisses de sa lignée de femme, tantôt « hystériques », tantôt « absentes », Chloé Oliveres pose un autre regard sur la « normalité ».
La folie serait-elle le refus d’une assignation à une place mortifère ?
Anne-Charlotte Mesnier