VIVANT

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  • Mise en scène, coordination, écriture : Léa Guillec
  • Mise en scène, construction décor et marionnettes, composition musicale : Baptiste Zsilina
  • Jeu, manipulation, aide construction : Coline Agard
  • Jeu, manipulation, musique, co-écriture : Marjorie Pagliai
  • Construction décor et marionnettes : Nora Laamari
  • Costumes et textiles : en partenariat avec L’Atelier Métissé.

Marjoline, c’est d’abord deux comédiennes masquées et habillées en troubadours. Elles parlent, chantent et dansent tout en manipulant les objets qui vont créer les tableaux successifs. Elles se ressemblent tellement qu’elles pourraient bien être des jumelles ou le reflet de l’une sur l’autre. D’ailleurs il y a de ça dans le titre du spectacle « Marjoline », contraction de Marjorie et Coline, les prénoms des deux comédiennes. Le trouble s’immisce dans les détails.

Par une corde tressée elles vont délimiter un territoire sacré à l’intérieur duquel va se dérouler l’histoire. Nous plongeons dans un monde onirique où le double des personnages en marionnette arrive. C’est une toute jeune et jolie jeune fille tellement fière de son reflet dans le miroir de sa chambre qu’elle ne peut détourner son regard. Rideaux fermés, rien ne la ravit autant que ce qu’elle voit dans le miroir. Ni le monde extérieur, ni la musique, ni la lecture, ni le bon parfum du gâteau que sa mère lui prépare dans la cuisine. Elle se regarde tant et tant qu’elle finit par en être ensorcelée et plonger de l’autre côté, telle Alice aux pays des merveilles, ou Narcisse tombant amoureux de son image se reflétant dans l’eau du lac.
Pétrifiée, perdue dans ce monde inconnu et blême, elle fait une série de rencontres bien surprenantes. Sous des discours racoleurs, chaque personnage va lui promettre monts et merveilles pour tenter de lui faire croire que le monde illusoire dans lequel elle a plongé, est beau.
Mais au bout du périple, elle va retrouver le chemin de sa véritable vie d’enfant, sa chambrette, s'ouvrir à un monde plein de couleurs et savourer le gâteau au chocolat préparé par sa mère.

Les marionnettes sont cocasses, expressives, drôles et en même temps aussi terrifiantes que dans un cauchemar dont on sait pourtant qu’on va se réveiller.
Les deux manipulatrices sont excellentes. Il y a une savoureuse complicité entre elles, dans le jeu, dans les manipulations des objets et des marionnettes. Les chants et les musiques sont superbes. L’ambiance créée est subtile ; elle frôle les frontières du genre, à la fois du merveilleux et du terrifiant, du théâtre et de la marionnette. Tout en distillant une joie de vivre, insolente, communicative, par une petite mise à distance de la fable qui nous est racontée. Un tourbillon, qui aborde des sujets importants sans trop de gravité.

Je me suis régalée à voir ce spectacle intelligent, sensible, beau, nourri par l’énergie et le talent de ces deux jeunes femmes lumineuses. C’est réconfortant !

A tout le monde, et dans tout lieu, sans exception, quel que soit l'âge. Mais à partir de 7 ans.

Infos pratiques

Compagnie :
Deraïdenz
Représentation :
12 juillet 2026 à 10:00
Lieu :
Tiers Lieu L’Eveilleur, AVIGNON (84000)
Durée :
40 mn
Public :
Tout public à partir de 7 ans
Événement :
Festival OFF 2026

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Chroniqueur·euse

Madeleine Esther

Avignon & Creuse

La scène du théâtre a joué un rôle important dans ma vie, et je continue à en faire le tour autant qu'il m'est possible, c'est un des rares lieux résistant qui se permet l'audace d'écrire poétiquement le monde.

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