Madame Bovary en plus drôle et moins long

Note 3 étoiles

Spectacle produit par Le Monde au balcon (75) vu le 13/03/2026 au Foyer de Saint-Dionisy à 20h45 dans le cadre des « Vendredis de l’Agglo » de Nîmes

  • Auteur : Camille Broquet, Marion Pouvreau
  • Mise en scène : Edward Decesari
  • Comédiennes : Camille Broquet, Marion Pouvreau
  • Type de public : Tout public à partir de 8 ans)
  • Genre : Théâtre / comédie
  • Durée : 1h15

Lorsque je suis arrivée devant le lieu, la longue file d’attente donnait déjà le ton : le spectacle était visiblement attendu. Une belle surprise d’autant plus qu’il était proposé gratuitement dans le cadre des Vendredis de l’Agglo de Nîmes. L’ambiance était conviviale, presque festive, et la curiosité du public palpable face à cette promesse audacieuse : revisiter un grand classique sans ennui.

Sur scène, elles ne sont que deux, mais elles incarnent à elles seules toute une galerie de personnages. Ce choix implique un véritable travail d’interprétation : les changements de rôles sont rapides, lisibles et souvent très drôles. On est ici moins dans une adaptation classique que dans une forme de lecture incarnée et revisitée de Madame Bovary de Gustave Flaubert. Les comédiennes racontent, commentent, rejouent et s’approprient l’œuvre avec beaucoup de liberté.

Le spectacle repose en grande partie sur l’énergie des interprètes. Leur jeu passe par le corps autant que par le texte : gestes chorégraphiés, déplacements précis, expressions marquées… Tout devient matière à comique. Certaines séquences frôlent la danse, avec des enchaînements très maîtrisés qui rythment la narration. L’humour naît autant des mots que des silences, des regards ou des réactions décalées.

Cette version propose une relecture accessible et moderne du roman, tout en conservant des échos à l’œuvre originale. On retrouve aussi une invitation à se reconnaître, d’une manière ou d’une autre, dans les personnages. Le spectacle glisse ainsi, par touches, une forme d’analyse du texte, mais toujours avec légèreté et humour.

L’ensemble est rythmé, efficace, et pensé pour ne jamais perdre le spectateur. On sent une vraie volonté de rendre le classique accessible à tous, que l’on ait lu le roman ou non. Toutefois, j’ai ressenti que certains ressorts comiques, notamment dans le ton ou certaines références, pouvaient davantage parler à un public adulte, voire plus âgé.

Ce qui m’a marquée, c’est l’équilibre entre fidélité et liberté : le spectacle ne cherche pas à raconter toute l’histoire, mais à en capter l’essence, en la simplifiant et en la saupoudrant d’humour. Le résultat est une forme hybride, entre théâtre, récit et performance, portée par deux comédiennes très investies.

Lucile VABRE

Chronique réalisée dans le cadre du partenariat avec l’Université d’Avignon et avec les étudiants du Master 1ère année, Parcours Arts et Techniques des Publics, mention Culture et Communication. 

 

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