Spectacle proposé par la Cie IWA (16) et vu au théâtre de La Garance à Cavaillon le 28 mars 2026
. Texte, mise en scène et jeu : Issam Rachyq-Arhad
. Collaboration artistique : Thibault Amorfini
. Dramaturgie, scénographie, lumière : Fred Hocké
. Création sonore : Frédéric Minière
. Accompagnement vocal : Jeanne-Sarah Deledicq
. Régie lumière, son et vidéo : Zacharie Dutertre, Nicolas de Castro, Fred Hocké et Léopold Frey (en alternance)
Une scène quasiment vide, à l’exception d’un fauteuil, d’un magnétophone, une pile de K7 audio et un écran vidéo. Ce sera bien suffisant pour le comédien qui va nous embarquer dans l’histoire des expatriés, son histoire et celle de sa mère adorée et surtout, vénérée…
Elle porte le voile et elle aime la France. Elle est discrète, mais déterminée ; elle a gardé son accent arabe mais a réussi son permis de conduire. Elle a élevé ses 5 enfants dans le respect de la patrie et de la citoyenneté, mais son maître c’est Dieu et son idole, Dalida…
Cette femme, c’est la mère du comédien Issam Rachyq-Arhad. Il est arrivé en France tout petit et a passé sa jeunesse à s’imprégner de cette double culture franco-marocaine. Originaire de Cognac donc, (oui, mais sinon, EN VRAI, tu es d’où?), le futur naturalisé va grandir près d’une mère riche d’enseignements.
Tous les thèmes liés à l’immigration seront abordés, souvent avec malice, mais parfois illustrés d’ exemples aussi sordides que d’actualité : le rejet du port du voile, les insultes à peines voilées (sans jeu de mot) et les mots qui blessent. Il se nourrira de ce quotidien, ne passera pas de « CAP » mais sera diplômé du Conservatoire national de Bordeaux (même si, pour sa mère, « Lire, c’est pour les bourgeois »…).
Il est généreux, Issam, il partage, il échange avec le public durant tout le spectacle, sorte de stand-up intimiste, durant lequel les anecdotes tendres, parfois douloureuses (« j’ai eu honte de ma mère à la sortie de l’école ») nous transportent dans le quotidien de ces familles franco-étrangères qui s’essaient à l’assimilation, mais sans pour autant changer de prénom…
Un spectacle qui donne furieusement envie d’aller déguster un thé à la menthe que la maman d’Issam, présente dans la salle ce soir, a préparé à la fin de la représentation, pour tout le public du théâtre de la Garance…
Une ode tendre et émouvante, à la joie du vivre ensemble, portée par un artiste habité par la liberté, l’égalité et, espérons le, la fraternité, bien malmenées en ces temps tourmentés.
Evelyne Karam