Lost in Vatican

Note 2 étoiles

Spectacle de la Compagnie Lesoeurs (75), vu au Théâtre de l’étoile du Nord (75018) le 12 janvier 2026

  • Texte : Lilas Roy avec la collaboration d’Alice Etienne
  • Mise en scène : Alice Etienne
  • Collaboration artistique : Lilas Roy
  • Dramaturgie : Elsa Provansal
  • Jeu : Martin Nadal, Clarisse Chatillon, Alice Etienne, Amélie Husson, Jeanne Ros
  • Costumes : Antoine Réjasse
  • Scénographie : Anaïs Brancaz
  • Création sonore : Anna Rohmer
  • Création lumière : Mona Marzaq
  • Genre : Théâtre contemporain
  • Public : Tout public
  • Durée : 1h30

La Compagnie Lesoeurs crée un spectacle-fête haut en couleur, nous plongeant dans l’action des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence.

Créée en 1979 à San Francisco, l’organisation des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence est un mouvement militant LGBT ayant pour objectif la lutte contre l’homophobie, la prévention du SIDA, la promotion de la paix et de la « joie universelle ». S’emparant des codes des religieuses catholiques, les Sœurs usent d’extravagance et de subversion pour lutter à leur manière contre la pandémie du SIDA : accueil des malades, sensibilisation, appel au dépistage, soutien matériel…

Un témoignage irrigue la pièce : celui d’un homme séropositif, d’abord tenté par la prêtrise, qui rejoint plus tard les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence. Durant les années 80 où le SIDA était considéré comme le « cancer gay », il y trouve un refuge de solidarité et de liesse pour panser le deuil.

Au plateau, la fiction raconte la rencontre entre Christine, une apprentie nonne franciscaine dont la foi va être ébranlée et deux sœurs de la Perpétuelle Indulgence. Un voyage initiatique commence alors pour Christine. Les sœurs, que nous découvrons être deux homosexuels militants, se transforment et se fardent à vue, délaissant leurs habits sobres pour des vêtements de paillettes. La fête commence, animée par les « drag-nonnes », et le public y est convié : les comédien•ne•s nous distribuent un livret de messe et des soucoupes sucrées en guise d’hostie.

Christine est alors bousculée dans sa foi, rencontre ceux que la religion a trop souvent mis au ban. Entourée des Sœurs queer, elle découvre une organisation dont le credo est d’expier la honte, de purger la culpabilité et de célébrer la vie. La fête, comme le théâtre, sont vécus ici comme un moyen de résistance face à la tragédie de la pandémie de SIDA. La douleur n’est pas niée ni minimisée, mais la joie peut tout de même adoucir la peine. Après une immersion de deux ans auprès des Soeurs, la troupe rend un hommage vibrant à celles et ceux qui se battent, encore aujourd’hui, contre l’homophobie.

Anne-Charlotte Mesnier

 

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