Les Forteresses

Note 3 étoiles

 

Les Forteresses de la Compagnie La ligne d’Ombre (59) à la Scène Nationale de La Garance (84), le Vendredi 06 mars 2026

Auteur / Mise en scène : Gurshad Shaheman

Comédien.ne.s :  Guilda Chahverdi, Mina Kavani en alternance avec Sima Mobarakshahi, Shady Nafar, Gurshad Shaheman & les femmes de sa famille

Type de public : À partir de 15 ans

Genre : Théâtre

Durée : 2h50

Cette pièce met en scène la vie de trois sœurs iraniennes, les tantes et la mère de Gurshad Shaheman, nées dans les années 60. À travers leurs récits, Gurshad Shaheman nous ouvre les portes d’une mémoire familiale intime, profondément marquée par les bouleversements politiques et sociaux de l’Iran.

Dès notre entrée dans la salle, nous sommes accueillis par Gurshad, Jeyran, Shady et Hominaz. Le public est invité à s’installer à même le plateau au cœur d’un salon typique iranien. Cette proximité crée immédiatement une atmosphère chaleureuse et intime, comme si nous étions conviés à partager un moment de leur vie. Les trois sœurs sont présentes sur scène, mais leurs récits sont portés par trois actrices qui sont placées sur des estrades aux extrémités du plateau, créant un dédoublement des corps et des voix qui apporte une dimension incarnée à leurs témoignages.

Le spectacle est structuré en trois parties, dont chaque fin est ponctuée par Gurshad qui chante en live des musiques en langue azérie (langue proscrite en Iran). Ces interludes chantés nous rapprochent encore davantage de l’histoire des trois femmes en prolongeant la force de leurs récits.

Le récit débute donc avec le renversement du Shah d’Iran. Nous découvrons alors les trois sœurs à l’adolescence, animées par des rêves et leurs espoirs d’avenir. Nous vivons avec elles leurs moments d’insouciance, une période où elles sont alors autorisées à étudier librement et n’ont pas l’obligation de porter le voile. Peu à peu, leurs récits font apparaître la transformation du pays : la mise en place du régime islamique bouleverse leur existence et fait surgir une violente répression.

À travers leurs témoignages, la tension s’intensifie. Le quotidien se charge d’angoisse, les libertés se restreignent et la violence du régime devient omniprésente, frappant particulièrement les femmes. Le spectacle nous emmène alors sur les chemins de l’exil : une des sœurs part pour l’Allemagne et la mère de Gurshad pour la France, forcées de quitter leur pays pour survivre. La troisième sœur, quant à elle, fait le choix de rester en Iran. À travers ces différentes trajectoires, le spectacle met en lumière la difficulté de se réinventer sur une terre d’accueil et les combats nécessaires pour continuer à exister.

Ces récits intimes résonnent fortement avec l’actualité en Iran, mais aussi avec les conflits actuels qui touchent le monde. La pièce aborde également des sujets universels : les joies, les peines, les engagements, le rapport aux hommes, la maternité…

Ce spectacle m’a profondément touchée par la puissance des témoignages, la parole de ces femmes, à la fois fragile et courageuse. Il nous plonge dans une histoire singulière qui fait écho à des réalités collectives. Ces témoignages nous rappellent que derrière les bouleversements de l’histoire se trouvent des vies, des relations et des liens qui continuent de nous rassembler.

Chronique réalisée dans le cadre du partenariat avec l’Université d’Avignon et avec les étudiant.e.s de Master 1ère année, parcours Arts et Techniques des Publics, mention Culture et Communication.

Mikal Vidal-Astrié

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