- Texte et mise en scène : Elise Lhomeau et Nicolas Giuliani d’après Les chambres closes de Germaine Azziz
- Comédiens.nes : Elise Lhomeau
- Scénographie : Nicolas Giuliani
- Création sonore : Sylvain Jacques
- Genre : Théâtre
- Public : Adulte
- Durée : 1H
Le synopsis des « Chambres closes » était suffisamment fort pour titiller ma curiosité. Elle est quelque peu retombée en arrivant au théâtre quand j’ai compris que le spectacle se jouait salle Roland Topor. Sous l’ancienne direction, elle rimait quelque peu avec relégation pour erreurs de programmation ! Contre ces mauvaises ondes, « Les chambres closes » a su s’imposer avec force.
« Les chambres closes » est le récit autobiographique de Germaine Aziz, porté par Elise Lhomeau. Comme une dette envers celle qui a illuminé son enfance. Germaine Aziz était une collègue de son père, à Libé. Entre la femme adulte et l’enfant de 6 ans s’est nouée une amitié indéfectible. Germaine est morte, laissant derrière elle le livre qui dévoilait un passé terrifiant : native d’Oran, orpheline, elle sera vendue puis prostituée pendant des années de séquestration forcée. Avec la bénédiction des autorités pour lesquelles « le bordel, c’est le garant de l’ordre public ». Il a donc fallu, pour Elise Lhomeau "ouvrir le livre".
C’est sur cette litanie que le spectacle commence. Il y en aura d’autres, des litanies, comme ce « dégoût » et « tout me blesse ». Comme pour rendre compte de ces passes dans les maisons d’abattage, comme pour scander ces années qui se suivent et qui se ressemblent (au moins 24) sans issue, comme pour souligner l’indicible qui brûle les corps, comme pour dire une longue prière expiatoire au nom de toute la société qui a laissé faire et qui continue d’ignorer superbement les violences faites aux jeunes filles et aux femmes, de surcroît quand elles sont racisées. Le texte est beau. Aussi sombre que lumineux, aussi cru que poétique. La lumière en suit les méandres : si le plateau est plongé dans l’obscurité tout du long, des douches inondent la comédienne de lumière chaude pour mieux mettre en valeur sa force et sa beauté intérieure. Ou pour animer les trois lits de camps. L’un est en position normale tandis que les deux autres sont dressés sur leurs montants pour faire office de seuil, de clôture, de parloirs.
On l’aura compris, la mise en scène, épurée jusqu’à l’extrême, repose avant tout sur le jeu de la comédienne, en voix naturelle. Quelque soit le rôle endossé (et dieu sait qu’elle en interprète des rôles), elle est toujours juste. Elle est particulièrement émouvante, à mon sens, en toute jeune fille éprise par la vie ou en femme de 44 ans, désespérée par un parcours en forme d’impasse.
Avec « Chambres closes » Elise Lhomeau signe un spectacle émouvant, pudique, et poignant.
Infos pratiques
- Compagnie :
- /
- Représentation :
- 23 septembre 2026 à 20:00
- Lieu :
- Théâtre du Rond Point, Paris (75008)
- Durée :
- 1H
- Public :
- Adulte
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Chroniqueur·euse
Région parisienne
Tombée dans le théâtre à 5 ans. Depuis, par mes études, ma vie personnelle et professionnelle, je n'en suis jamais sortie.
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