- Mise en scène : Olivier Schmidt
- Interprétation : Vincent Albaracin, Damien Cochin, Carla d'Emilia, Julie Fidel, Kevin Maille.
Dès l’entrée dans la petite salle du théâtre, quelque chose est déjà en place. Les cinq comédiens et comédiennes sont présents sur scène, immobiles, figés dans leurs personnages, observant le public comme des statues de cire. Cette attente silencieuse installe tout de suite une ambiance particulière, à la fois intrigante et légèrement troublante, avant même que le spectacle ne commence réellement.
Lorsque le brigadier retentit, ces silhouettes jusque-là silencieuses prennent vie. Pendant 1h15, la pièce nous entraîne dans le parcours de Georges Feydeau, auteur dramatique, peintre et collectionneur d’art, de ses premiers succès à ses tourments plus intimes. On découvre l’homme derrière l’auteur de vaudevilles, avec le sentiment d’entrer discrètement dans les coulisses de sa vie.
La force du spectacle tient d’abord à la qualité du texte. La langue est travaillée, parfois soutenue, mais elle reste vivante et agréable à écouter. Les répliques s’enchaînent avec rythme, précision et musicalité. Cette écriture est portée par un jeu d’acteur très solide, une diction remarquable et une belle énergie de groupe. Le travail sur les costumes est également l’un des grands atouts de la pièce : les nombreux changements se font avec fluidité et permettent aux artistes de passer d’un personnage à l’autre avec une vraie clarté.
N’étant pas initialement un grand amateur de théâtre classique, je craignais au départ de rester un peu à distance. Pourtant, ces doutes ont disparu dès les premières répliques. Entre l’humour, les moments plus sombres et les fragilités de Feydeau, le spectacle m’a permis de mieux découvrir cet auteur et m’a donné envie d’en apprendre davantage sur lui. J’ai particulièrement apprécié la précision du jeu, la richesse du texte et l’élégance de l’ensemble.
Ce spectacle s’adresse plutôt à un public adulte ou déjà sensible au théâtre de texte. Il demandera peut-être un peu d’attention aux plus jeunes, notamment en raison de la langue et des références. Je le recommande surtout à celles et ceux qui aiment les pièces portées par une belle écriture, des comédiens précis, un vrai sens du rythme et une mise en scène soignée.
Le spectacle est présent sur le festival OFF d'Avignon 2026 à 17h45 du 3 au 25 juillet (relâche les 8, 15, 22 juillet), au théatre littéraire 95. Au Verbe Fou (95 rue des infirmiers en Avignon)
Infos pratiques
- Compagnie :
- Le Courrier des Théâtres
- Représentation :
- 5 juillet 2026 à 17:45
- Lieu :
- Au Verbe Fou, Avignon (84000)
- Durée :
- 1h15
- Public :
- Tout public à partir de 12 ans
- Événement :
- Festival OFF d'Avignon 2026
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Chroniqueur·euse
Gard / Vaucluse / Bouches-du-Rhône
Fasciné par la manière dont le corps devient le vecteur d'émotions, de récits et d'idées, je trouve dans l'art vivant un langage universel qui parle à la fois à l'âme et aux sens.
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