Un spectacle produit par le Théâtre du Balcon, vu le 13 mars 2026 à 20h
Mise en scène : Serge Barbuscia
De : Ali Babar Kenjah et Serge Barbuscia
Avec : Serge Barbuscia, Jérémy Bourges, Théodora Carla, Bass Dhem, Aïni Iften
Direction musicale : Jérémy Bourges
Arrangement vocal : Théodora Carla
Création lumière : Sébastien Lebert
Costumes : Annick Serret
Type de public : Tout public
Genre : Théâtre musical
Durée : environ 1 h 20
Présenté au Théâtre du Balcon le 13 mars 2026, Le syndrome d’Ulysse propose une forme de spectacle mélangeant théâtre et musique. Le spectacle mélange les récits et les langues pour aborder des sujets comme l’exil et l’identité.
Au début, une histoire personnelle semble se mettre en place, autour d’un père réunionnais, envoyé en métropole dans le cadre des migrations vers la Creuse. Mais le spectacle ne suit pas ce récit de manière linéaire. Il s’ouvre progressivement sur quelque chose de plus large.
La figure d’Ulysse devient alors centrale. Elle sert de point de repère pour parler du voyage et des épreuves. Le spectacle fait ainsi des liens entre les parcours des migrants et ceux de chacun, en montrant que tout le monde traverse des déplacements à sa manière.
Sur scène, les comédiens alternent entre jeu et musique. Les instruments sont variés : piano, accordéon, harmonica, tambourin. La voix occupe une place importante, avec plusieurs moments chantés qui arrivent parfois de manière inattendue. Cela peut surprendre, mais cela participe à l’ambiance générale. Les scènes s’enchaînent sans forcément suivre une logique claire. Plusieurs histoires se croisent, et et sont racontées dans différentes langues. Cela peut donner une impression de confusion, mais cela reflète aussi la complexité des parcours présentés.
Certains passages marquent plus particulièrement. Par exemple, celui autour des démarches administratives, où une demande d’asile se heurte à l’attente et à l’indifférence. Le spectacle évoque aussi une forme de déshumanisation, notamment à travers des comportements froids face aux témoignages. Une phrase résume bien cette idée : « la peur de l’autre, c’est le reflet de la honte de nous-mêmes ».
La relation au public est très forte. Le quatrième mur est complètement brisé. En effet, les acteurs se déplacent dans la salle et s’adressent directement aux spectateurs. Cela crée une proximité inhabituelle, parfois un peu déstabilisante.
La scénographie reste simple mais efficace. Des caisses deviennent tour à tour un bureau ou un bateau, ce qui permet de représenter le voyage de manière concrète. À la fin, comme dans le mythe d’Ulysse, les personnages reviennent.
Le spectacle se termine sur une idée assez simple: chacun est d’une certaine manière, un Ulysse. Certains voyagent loin, d’autres moins. Mais tous font l’expérience du déplacement.
Même si le message n’est pas toujours facile à saisir dans sa globalité, Le syndrome d’Ulysse propose une expérience originale qui pousse à réfléchir sur notre société et sur notre regard envers les autres.
Inès Bigonnet
Chronique réalisée dans le cadre du partenariat avec l’Université d’Avignon et avec les étudiants du Master 1ère année, Parcours Arts et Techniques des Publics, mention Culture et Communication.