Un spectacle produit par le CNAC (51) et vu à la Villette (75) le 18 février 2026, à 20G.
- Mise en piste : Halory Goerger
- Circassiens : Antonio Armone, roue Cyr / Clarisse Baudoin, roue Cyr / Enrica Boringhieri, acro-danse / Marc-Félix Fournier, mât chinois / Viola Fossi, corde molle / Mathilde Hardel, voltigeuse en portés acrobatiques / Alice Langlois, trapèze fixe / Luna Lhomme, roue Cyr / Matéo Motes, acro-danse / Frederica Peirone, équilibres sur les mains / Vladyslav Ryzhykh, sangles / Shay Shaul, porteuse en portés acrobatiques / Lucy Vandevelde, sangles
- Dramaturgie : Volodia Piotrovitch d’Orlik
- Costume : Julie Brones
- Scénographie, costumes : Clémence Delille
- Lumière : Juliette Delfosse
- Musique : Martin Granger
- Genre: cirque
- Public : tout public
- Durée : 1H 20
J’ai souscrit à mon rituel annuel : découvrir le spectacle de fin d’études du CNAC. La 37°promotion, mise en scène par Halory Goerger, présente « le spectacle de la fin des études », une mise en abyme joyeuse de la condition circassienne.
Le spectacle s’ouvre sur la remise des diplômes. Sous un mortier de graduation géant, les jeunes diplômés entonnent une chorale tandis qu’une représentante du Ministère mène la cérémonie au fil d’une parodie de discours qui ne ménage pas ses effets politiques. Le ton est donné ! Le temps des vacances venu, dans des tentes Quechua, les jeunes gens vont exhiber leur savoir-faire, en musique, en parole et en politique.
Comme de coutume dans les spectacles du CNAC, les circassiens alternent scènes groupées et numéros. Les scènes groupées sont souvent ludiques comme ce défilé de mode avec les Quechuas pour toute tenue. Les numéros -individuels, en binôme ou en trio- mettent à l’honneur huit disciplines (équilibre, mât chinois, roue Cyr, acro-danse, fil souple, portés acrobatiques, trapèze fixe, sangles). On remarquera la prédominance, dans cette promotion, des sangles, fil et autres cordes. Pour ma part, j’ai adoré les numéros d’équilibres sur les mains et de portés acrobatiques. D’abord un duo de deux jeunes femmes qui, au son de Bach, évoluent au sol comme un drôle d’animal ; ensuite cet autre duo de jeunes femmes qui jouent à construire un viaduc sur le terrain d’un troisième circassien avec des tubes de cuivre. Parti pris de mise en scène ou choix pédagogique, il s’avère que la parole est très présente dans ce spectacle et que chaque numéro ou presque est commenté. C’est tantôt drôle, tantôt inaudible. Parfois, les mots sont de l’ordre du bavardage et contrarient l’émotion. Dans le même ordre d’idées, je regrette que tous les jeunes gens n’aient pas été mis en valeur à part égale et que certains aient été franchement défavorisés par une mise en scène bancale de leurs agrès. Heureusement, ces tableaux moins réussis étaient compensés par le retour du groupe ; lequel fait véritablement corps.
« Le spectacle de la fin des études » opère avec une grande économie de moyens, ce qui lui confère une insouciance absolument charmante. Cette légèreté n’empêche pas la profonde maîtrise du métier. Fasse que chacun poursuive sur sa lancée, brillamment entamée.
Catherine Wolff