Un spectacle produit par Prémisses-Office de production artistique et solidaire pour la jeune création compagnies (75) et vu au théâtre de la Bastille (75) le 23 janvier 2026, à 20H.
- Conception, mise en scène et jeu : Joaquim Fossi
- Texte : Joaquim Fossi et Noham Selcer
- Création lumière et scénographie : Renaud Pettigrew
- Co-conception vidéo : Nicolas Dostie
- Régie générale, création vidéo : Clément Balcon et Marie-Lou Poulain.
- Genre: Seul en scène.
- Public : Spectacle adulte.
- Durée : 50 minutes
Joaquim Fossi est lauréat du dispositif Prémisses-Office de production artistique et solidaire pour la jeune création ;
C’est en lisant le synopsis que j’ai eu envie de découvrir « le plaisir la peur et le triomphe ». Ma lecture, un peu rapide, m’a quelque peu fourvoyée. Au lieu d’une conférence gesticulée sur l’histoire de l’art, j’ai assisté à une dystopie douce-amère que le quiproquo initial ne m’a sans doute pas permis d’apprécier à sa juste valeur.
Nous sommes en + 5000. L’humain a disparu. Mais il a laissé des traces numériques. Un jeune archéologue et son équipe ont réussi à craquer le système. Il nous restitue dix trouvailles et leur interprétation. Le postulat de base concernant feue l’humanité, c’est que pour conjurer sa peur, elle créait des images. En les analysant, il est donc possible de comprendre la vie de cette espèce.
Le spectacle fonctionne sur le décalage entre l’interprétation que livre le supposé chercheur et la réalité de nos usages numériques. Plus c’est gros, plus c’est drôle : youporn comme rituel de prise de contact entre humains ou Facebook comme cimetière des desdits individus, voilà qui vaut son pesant d’or. Le comique est renforcé par la fausse candeur de Joaquim Fossi et sa façon très personnelle de prononcer le nom des sites. Seul en scène, en voix naturelle, juste accompagné d’un ordinateur et d’un écran qui verse jusqu’au sol, il observe nos manies avec tendresse mais dénonce aussi, par petites notes, notre solitude et l’épuisement des ressources.
Que ce soit dans le genre dystopique ou conférence gesticulée, j’ai vu maints spectacles qui m’ont autrement plus. Mais c’est une question de goût et « le plaisir, la peur et le triomphe » est tout à fait plaisant.
Catherine Wolff