- Texte : Jean-Claude Carrière
- Mise en scène : Alexandre Tchobanoff
- Comédiens : Yann Collette, Stéphane Bierry, Prisca Lona
Dans un décor dépouillé, presque austère, l’espace évoque immédiatement un bar en attente de vie : quelques tables et chaises, un comptoir au fond surmonté d’un grand miroir, et un mur de pierre qui ferme la scène. Quelques éléments ponctuent cet ensemble : des plantes et, sur le comptoir, un téléphone.
Une femme en tablier bleu apparaît, munie d’un balai. Elle remet les tables en place, replace les chaises, dispose une plante sur une table, allume une petite lumière rouge, décroche le téléphone et écoute, sans jamais prononcer un mot. Elle ouvre ensuite les rideaux roulants du mur du fond.
Entre alors un homme, dossiers sous le bras, c’est le commissaire . Puis cela sera l'entrée d’un autre homme, le rapporteur, la mine abattue. Le commissaire détient de nombreuses lettres accusant le rapporteur. Un long interrogatoire s’engage alors…
Le jeu de Yann Collette dans le rôle du rapporteur est admirable. Sa gestuelle puissante accompagne une transformation saisissante : d’abord voûté, presque écrasé, il gagne en assurance jusqu’à devenir physiquement et symboliquement dominant. À l’inverse, le commissaire, interprété avec justesse par Stéphane Bierry, glisse progressivement vers une position fragilisée, presque accusée à son tour. Les scènes marquantes s’enchaînent : la main du rapporteur posée longuement sur celle du commissaire, le commissaire à terre que le rapporteur aide à se relever, les deux hommes assis dos à dos au sol, puis, à la fin, une étreinte entre eux.
Je me suis interrogée sur le rôle de la serveuse, qui semble au départ presque insignifiant, elle est réduite au silence et à des actions mécaniques. Pourtant, la fin du spectacle lui donne une autre dimension et éclaire autrement sa présence.
L’interrogatoire m’a semblé parfois un peu long et répétitif. Je me suis alors demandé : cela va-t-il finir ? Que va-t-il se passer ? Y aura-t-il un véritable dénouement ?
J’ai trouvé la pièce fine et subtile, appréciant particulièrement les retournements de situation et le jeu sur les rapports de pouvoir.
Ce huis clos aborde un sujet très intéressant, pour les adolescents comme pour les adultes : la dénonciation, un des rouages d’un système totalitaire, et les jeux de pouvoir qu’elle engendre. Elle peut faire naître de la méfiance. En effet, on ne sait plus vraiment qui est qui, ce qui peut nourrir un climat de peur.
spectacle joué au festival Off 2026 à 13h35 du 3 au 25 juillet (relâche les 8, 15, 22 juillet) au THÉÂTRE DU GIRASOLE
Infos pratiques
- Compagnie :
- Le Théâtre De Demain
- Représentation :
- 20 juin 2026 à 19:00
- Lieu :
- Théâtre du Girasole, Avignon (84000)
- Durée :
- 1h15
- Public :
- Tout public à partir de 12 ans
- Événement :
- Générale de presse, création du Festival Off d'Avignon
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