Fondé en 1969 dans une ancienne savonnerie du quartier du Panier, Le Théâtre du Double n’a jamais voulu être une salle, mais un organe : un corps vivant qui avale ses spectateurs et les recrache autres.

Sa ligne est limpide et déraisonnable — prolonger le geste d’Antonin Artaud (le théâtre comme peste, comme cruauté, cérémonie physique où le verbe cède au cri, au souffle, au sang qui bat) et celui d’Alejandro Jodorowsky (le théâtre panique, la psychomagie, le sacré arraché au quotidien, le rite qui soigne).

Ici, pas de quatrième mur : la salle est une chambre noire, un ventre, parfois un temple. La jauge est tenue volontairement basse pour que chaque corps compte. On y programme des transes, des cérémonies, des actes psychomagiques, des messes profanes et des veillées qui n’ont pas peur de durer jusqu’à l’aube.

On n’y vient pas se divertir. On y vient être traversé.