Danielle Voirin

(La bande à) Laura

Note 3 étoiles

Un spectacle produit par l’association Os (75) et vu au TPM (93) le 14 avril 2026, à 20h 

  • Concept et récit : Gaëlle Bourges
  • Performeuses : Helen Heraud, Tatiana Gueria Nade, Noémie Makota, Julie Vuosco.
  • Robes : Anne Dessertine
  • Costumes et accessoires : Gaëlle Bourges, Anne Dessertine
  • Création musique : Stéphane Monteiro a.k.a XtroniK
  • Création lumières : Abigail Fowler, Guillaume Pons
  • Régies : Guillaume Pons, Guillaume Olmeta.
  • Genre: théâtre-danse
  • Public : tout public
  • Durée : 1h

Je n’étais pas retournée au TPM depuis le changement de direction. Mais « (la bande à) Laura », pour la peintre que je suis, m’obligeait. Et j’ai bien fait.

 « (La bande à) Laura » parle de peinture. Plus exactement, elle parle de « l’Olympia » de Manet.  Plus précisément encore, elle confronte la « bande à Manet, tous des mecs et des mecs blonds » immortalisée par Fantin-Latour, à « (la bande à) Laura » invisibilisée par les mêmes, malgré leur notoriété iconique. « (La bande à) Laura » est une leçon d’histoire des arts au cours de laquelle l’auteure tente de redonner vie à Laura (la modèle de la servante noire de « l’Olympia »), à Victorine Meurent (la modèle de « l’Olympia », peintre et musicienne de son état) et, à travers elles, à toutes ces femmes modèles et/ou artistes et/ou « femmes de mauvaise vie ». « (La bande à) Laura », c’est la restitution de la Belle époque place Clichy, à savoir « un concentré de la dureté du monde », social et sociologique.

Pour cette vaste entreprise, l’économie de moyens est sidérante. Le plateau est nu et souvent dans la pénombre. Les quatre performeuses disposent simplement d’un double châssis entoilé et de quatre petits praticables qui font office de siège, de lit et de coffres à accessoires. A mesure que le texte se déroule en voix off, elles se déplacent et ressuscitent la tradition du tableau vivant. A chaque tableau recomposé correspond un arrêt sur image avec mention de l’ensemble des références. Le texte est érudit dans le fond mais simple et didactique dans la forme ; parfois familier mais jamais vulgaire. L’esthétique visuelle (lumière, costumes et gestuelle) et sonore est de toute beauté. Les transitions, parfaitement fondues.

A titre personnel, je n’ai pas aimé les dix dernières minutes, trop appuyées et interminables. Gaëlle Bourges a voulu faire le lien avec les femmes dans l’art contemporain mais la démonstration relève davantage, pour moi, du souci de tenir une heure pleine de spectacle.

Mis à part cette réserve, « (la bande à) Laura » est un joli spectacle, original et délicat, sensible et pédagogique, poétique et politique.

Catherine Wolff

 

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