Journal d’un corps

Journal d’un corps

Rachel Ferrier-Savarin
VIVANT

Votre compagnie est citée dans cette chronique ?

Revendiquez-la pour la retrouver dans votre espace compagnie.

  • (D'après le roman de Daniel Pennac°
  • Mise en scène : Julie Laufenbüchler et David Nathanson
  • Interprétation : David Nathanson
  • Scénographie : Marie Hervé
  • Lumière : Erwan Temple
  • Musique : Armando Balice
  • Collaboration artistique : Judith d'Aleazzo
  • Production : Lætitia Poulalion

Un homme en fin de parcours va léguer son journal intime à sa fille adorée. Avant de mettre en œuvre son intention, il nous raconte le contenu du cahier, témoin de ses ressentis, de ses 12 à 83 ans…

Le jeune garçon semble frêle, peut-être un peu naïf mais intensément lui, curieux et à l'écoute de ce qui l'entoure, il est la proie de la cruauté des enfants de son âge. Il va vivre un moment traumatique, de ceux qui restent vivaces des décennies durant, l’abandon, la peur terrorisante, l’injustice, tout y est. Mais le propos de l’auteur n’est pas de regarder la situation avec du recul ou en lien avec les autres personnages de sa vie. Il est question ici de mettre en lumière ce qui se passe en soi, en son corps. L’évolution des ressentis en passant par chacun de ses sens. Il vit son corps à fleur de peau, à fleur de tripes, chaque sensation est éprouvée, vécue par d’infimes détails. Et la vie continue, l’enfant devient un jeune homme avec son lot de tempête émotionnelle et affective, puis un homme accompli faisant face à ses responsabilités d’adulte et de père. Chaque étape est ponctuée de nouvelles perceptions, décrites délicieusement par l’auteur.

L’interprétation que nous propose David Nathanson est d’une justesse et une finesse remarquable.

Je vis chaque instant avec lui, je ressens dans mon propre corps ses frissons, ses angoisses, son excitation et ses attachements. Au-delà d’une histoire racontée avec des événements qui s’enchainent ou s’entremêlent, et qui serait singulière à un individu, en tant que spectatrice je ne peux que m’associer à toutes ces descriptions qui, pour le coup, sont universelles. L’écoute du corps comme messager des émotions, du mental. Tout ce dont il parle, au travers du magnifique texte de Daniel Pennac est vécu par chacune, chacun, intimement.

Le propos et les mots sont tellement humains, tellement francs, même s'ils sont déposés sur cette scène en toute simplicité, certains passages sont assez crus. Cette pièce s'adresse à un large public adulte et jeune à partir de 14 ans.
Côté espace scénique, ce spectacle nécessite au minimum : 7,5 m d’ouverture / 6 m de profondeur / 4 m de hauteur sous perches. Prévu pour un espace intérieur.

Présent sur le Festival Off d'Avignon 2026 à l'Entrepôt à 16h50? du 4 au 25 juillet sauf les mercredis.

Infos pratiques

Compagnie :
Les ailes de Clarence
Représentation :
4 juillet 2026 à 16:50
Lieu :
L'Entrepôt, Avignon (84000)
Durée :
1h35
Public :
Tout public à partir de 14 ans
Événement :
Festival Off d'Avignon 2026

Partager

Chroniqueur·euse

Rachel Ferrier-Savarin

Vaucluse / Gard / Bouches-du-Rhône

Il est des pépites émergées des cœurs, des émotions et des pensées. Elles nous touchent profondément ou nous effleurent et toujours nous font avancer le monde, si tant est que nous y ayons accès.

Voir son profil & toutes ses chroniques