Un spectacle produit par la Compagnie Les Mains, les pieds et la tête aussi (69), vu au théâtre du Rond-Point (75) le 6 juin 2026 à 19H30.
- Conception et mise en scène : Mathurin Bolze
- Dramaturgie : Samuel Vittoz
- Avec : Mattéo Callewaert, Dario Carrieri, Corentin Diana, Anahi De Las Cuevas, Tamila De Naeyer, Hela Humm, Maxime Seghers, Léon Volet en alternance avec Joana Nicioli
- Scénographie : Gala Ognibene
- Création lumière : Victor Egéa
- Composition musicale et sonore : Philippe Le Goff et Jérôme Fèvre
- Vidéos : Orin Camus
- Machinerie scénique: Nicolas Julliand
- Régie : Etienne Debraux, Gala Ognibene, Robert Benz, Baptiste Charpentier
- Genre: cirque
- Public : Tout Public
- Durée : 1H 15
Comme une envie de cirque. Seul le théâtre du Rond-point était en mesure, en cette fin d’année, d’exaucer ce vœu. Avec « Immaqaa, ici peut-être », mis en piste par Mathurin Bolze, j’ai été plutôt comblée.
« Immaqaa, ici peut-être » se déroule dans le grand Nord, là où la présence de l’Homme, rare en ce milieu encore hostile, est propice aux questionnements philosophiques : « Immaqaa, ici peut-être » est un plaidoyer pour la nature et le collectif.
Le personnage principal de cette fable est assurément le décor, mouvant. A l’entrée du public, un énorme échafaudage occupe l’avant-scène. Cinq minutes après l’extinction des lumières, la structure est retournée et laisse paraître un mur incurvé, façon skate park. Ce mur de glace est doté de trois plateformes, d’une porte et même d’un trampoline. Tel un iceberg, il est capable de dislocation en 4 éléments au-delà desquels un cyclo ferme l’espace. Cette structure ingénieuse est support de vidéos. Elle s’offre surtout à l’assaut de nos huit circassiens qui, comme tout à chacun, veulent voir l’horizon, gravir et conquérir. Ils s’y essaient alternativement seul et en groupe.
Les numéros en solo ou en duo célèbrent le trapèze fixe, les portées acrobatiques, l’acrobatie au sol, le mât chinois, le trampoline, le clown. J’ai adoré les deux numéros de clown et les portées acrobatiques. En groupe, ce sont des scènes d’appropriation de la structure par la danse, l’acrobatie, le lâcher- prise. J’ai été plus sensible à celles-ci qu’à celles-là. Le rythme, musique aidant, y est plus soutenu et la part du collectif adhère davantage au propos.
Par ailleurs, des images très fortes ponctuent le spectacle. Je retiendrais ces écritures projetées qui brouillent nos repères spatiaux-temporels et qui s’achèvent sur une note rouge sur fond noir. Un peu à la façon d’un certain cirque Plume.
J’ai en effet été gênée par la multitude d’emprunts, depuis Aurélien Bory (le mur) jusqu’à la famille Semianyki (le clown à la canne à pêche) en passant par Philippe Genty (la forme ovale en bâche avec ombres chinoises). Ils sont parfaitement assimilés ces emprunts et forment un tout cohérent et esthétique. Mais assortis d’une voix off bavarde, d’une certaine artificialité et prétention, ils ont contribué à me désenchanter.
« Immaqaa, ici peut-être » est un spectacle accompli et d’une très haute technicité. Malgré mes réserves personnelles, le public est sorti ravi.
Catherine Wolff
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Chroniqueur·euse
Catherine WOLFF
Région parisienne
Tombée dans le théâtre à 5 ans. Depuis, par mes études, ma vie personnelle et professionnelle, je n'en suis jamais sortie.