Gush is great

Note 3 étoiles

Spectacle proposé par La Maison Danse CDCN Uzès (30) vu le 6 avril 2026 au Pont du Gard dans le cadre de « Pâques au Pont » 

Conception Production Xx : Julie Botet, Max Gomard, Philomène Jander, Zoé Lakhnati, Simon Le Borgne, Ulysse Zangs

Création Musique :  Ulysse Zangs

Interprétation : Julie Botet, Max Gomard, Philomène Jander, Simon Le Borgne, Vladimir Babinchuk-Outerelo

Durée : 30 mn

Public : Tout public dès 8 ans

 

Comme chaque année, ou presque, le soleil est bien présent pour ce rendez-vous fêtant l’arrivée du printemps sur le site du Pont du Gard. Je retrouve avec plaisir le marché de producteurs, les déambulations, les chorales locales qui côtoient les spectacles professionnels dans un joyeux mélange célébrant le spectacle vivant. C’est sans nul doute un temps fort gardois au cours duquel se retrouvent locaux et touristes pour se réjouir et rire ensemble, chanter ensemble, pique-niquer et déguster ensemble, pour la plus grande joie des petits et des grands. J’ai été tout particulièrement séduite par la prestation de fin de journée de cinq danseurs et danseuses dans ce spectacle proposé par la Maison Danse d’Uzes.

 

Il est 16h30, après avoir bien profité de cette splendide journée, les spectateurs commencent à regagner leur voiture quand ils sont intrigués par le cheminement des cinq jeunes interprètes, regards fixes, avançant en une ligne serrée. Ils marchent très lentement, rien ne semble pourtant pouvoir les arrêter. Nous commençons à percevoir d’imperceptibles mouvements de leurs bras, leurs mains s’entremêlent. Ils semblent avoir besoin de se rassurer, de rester soudés car les sentiments qui les habitent et se lisent sur leur visage apparaissent plutôt inquiétants. Ils sont souvent rattrapés dans leurs déséquilibres,  allant soudain jusqu’à la chute, mais se soutenant toujours les uns les autres.

Des objets se mettent à tomber de leurs vêtements, comme sortis de nulle part. Incongrus, surprenants : une rubalise « fragile », comme notre humanité, des jouets d’enfants, de la farine, des bombes aérosol, un parapluie, des fleurs …un foisonnement iconoclaste qui jonchera le sol après leur passage. Autant de symboles de nos vies éphémères et de ce que nous laisserons derrière nous.

Des ambiances musicales changeantes accompagnent cette marche hypnotique, voguant de Marie Laforêt à l’électro en passant par Salvatore Adamo et des bruissements de la nature. Ces morceaux choisis viennent ainsi connecter nos émotions. Et lorsque les marcheurs s’approchent des spectateurs ceux-ci s’écartent pour les laisser passer. Rien ne peut arrêter la marche du monde semblent ils nous dire. Mais peut-être emporterons nous chacun en cette fin de journée un peu plus de conscience de ce qui compte vraiment.

Le choix de la lenteur, si peu dans l’air du temps, nous ramène elle aussi à l’essentiel. Ce soir beaucoup de nos congénères ont accepter de s’arrêter et de prendre le temps d’accueillir le message. Pour ma part j’ai été vraiment émue et touchée par cette prestation aussi salutaire que poétique.

Marie-Pierre HUSSON

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