Fiche pratique

Combien coûte un spectacle ?
Le guide du prix pour le programmer

Vous préparez une programmation pour une collectivité, un festival, un lieu culturel ou une saison ? Ce guide donne les fourchettes réelles du prix de cession — ce qu'un programmateur paie pour acheter une représentation —, ce qui le fait varier, et comment trouver un spectacle adapté à votre budget. (À ne pas confondre avec le prix du billet, payé par le spectateur.)

À retenir d'emblée

Un programmateur ne paie pas « le prix d'un billet × le nombre de spectateurs ». Il achète une représentation à un prix de cession négocié à l'avance, indépendant du remplissage de la salle.

Vous êtes… ?

Selon votre projet de programmation

Le coût de production : ce que coûte la création

Avant d'être vendu, un spectacle est créé : salaires de répétition, décor, costumes, technique, résidences. Selon le format, le coût de production va de quelques milliers d'euros (petite forme) à plusieurs centaines de milliers (grande forme). Ce coût, amorti sur l'ensemble des représentations, pèse directement sur le prix de cession.

En savoir plus sur le coût de production →

Le prix de cession : ce que paie un programmateur

Le prix de cession est le prix de vente d'une représentation à un lieu. Il se construit à partir du coût plateau (l'équipe en tournée), auquel s'ajoutent l'amortissement de la création, les frais de structure, une marge et une éventuelle commission de diffusion. À titre indicatif : d'environ 1 500 € HT (très petite forme) à 18 000–25 000 € HT (grande forme), hors VHR.

Lire le guide détaillé du prix de cession

Le cachet d'un artiste : minimum, GUSO et coût employeur

Le prix d'une représentation repose d'abord sur les cachets des artistes et des technicien·ne·s. Le cachet minimum est fixé par les conventions collectives du spectacle vivant : selon le secteur (subventionné ou privé) et la jauge, il se situe entre 116 et 176 € brut par représentation (barèmes 2026). Attention au coût employeur : cotisations sociales comprises, un cachet revient à environ une fois et demie le brut — en pratique, comptez plutôt 250 à 300 € par artiste et par représentation. Si vous organisez des spectacles à titre occasionnel (mairie, association, entreprise), le GUSO (Guichet Unique du Spectacle Occasionnel) permet de déclarer et payer gratuitement toutes les cotisations en une seule fois.

Voir le calcul complet du coût plateau dans le guide du prix de cession →

Les frais de VHR : voyage, hébergement, restauration

En plus de la cession, le programmateur prend généralement en charge les frais de VHR (voyage, hébergement, restauration) de l'équipe, ou verse des défraiements forfaitaires (barème de référence CCNEAC ≈ 115 €/jour/personne). Sur une tournée lointaine, ils peuvent peser lourd dans le budget.

Tout savoir sur la VHR et les défraiements

Cession ou coréalisation : qui porte le risque ?

Deux modèles coexistent. En cession, le lieu paie un prix fixe et encaisse la billetterie : il porte le risque de remplissage. En coréalisation, compagnie et lieu partagent la recette selon une clé convenue : le risque est mutualisé. Le choix change tout au budget de la date.

Comparer cession et coréalisation →

Et le prix du billet ? Côté spectateur, le prix d'une place — de la gratuité à 30–50 €, le plus souvent 10–25 € en salle subventionnée — est fixé par le lieu et n'a aucun lien mécanique avec le prix de cession. C'est un autre sujet : comprendre le prix d'un billet.

Les aides qui allègent la note

Diffuser coûte cher, mais des dispositifs existent : aides à la diffusion (ONDA), soutiens des DRAC et des régions, aides à la tournée. Ils peuvent abaisser le coût pour le programmateur ou sécuriser la tournée pour la compagnie.

Voir les aides et subventions →

Quelle TVA sur un spectacle ?

Le spectacle vivant bénéficie de taux de TVA réduits : 2,10 % sur les 140 premières représentations d'une œuvre nouvellement créée, 5,5 % pour la billetterie de la plupart des autres spectacles, et 20 % en taux normal. Les prix de cession se négocient HT, la TVA s'ajoutant au contrat (source : BOFiP / impots.gouv.fr — voir Sources).

Le détail de la TVA du spectacle vivant →

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le prix de cession et le prix du billet ?
Le prix de cession est payé par le programmateur pour acheter une représentation ; le prix du billet est payé par le spectateur pour y assister. Les deux sont indépendants : un même spectacle peut être gratuit dans un lieu et payant dans un autre.
Combien coûte en moyenne un spectacle pour un programmateur ?
À titre indicatif, le prix de cession va d'environ 1 500 € HT pour une très petite forme à 18 000–25 000 € HT pour une grande forme (type comédie musicale), hors frais de VHR. Le montant dépend surtout de la taille de l'équipe et de la notoriété.
Qui fixe le prix d'un spectacle ?
La compagnie (ou son tourneur / diffuseur) fixe le prix de cession à partir de ses coûts, puis le négocie avec le lieu de diffusion.
Le prix inclut-il le transport et l'hébergement ?
Le plus souvent non : les frais de VHR (voyage, hébergement, restauration) s'ajoutent au prix de cession, en prise en charge directe ou sous forme de défraiements.
Pourquoi deux spectacles n'ont-ils pas le même prix ?
La taille de l'équipe, la technique requise, le coût de création à amortir et la distance de tournée font varier le prix d'une représentation à l'autre.
Quel est le cachet minimum d'un artiste en 2026 ?
Selon la convention collective applicable (secteur subventionné ou privé) et la jauge, le cachet minimum d'un artiste se situe entre 116 et 176 € brut par représentation en 2026. En pratique, les compagnies retiennent souvent 250 à 300 € par artiste pour rester au-dessus des minimums. Les barèmes à jour sont publiés par le GUSO et les syndicats du secteur.
Combien coûte réellement un cachet avec les charges (coût employeur) ?
Au cachet brut s'ajoutent les cotisations sociales, salariales et patronales : le coût employeur représente environ une fois et demie le montant brut. Un cachet de 150 € brut revient ainsi à environ 230 € pour l'employeur.
Qu'est-ce que le GUSO ?
Le Guichet Unique du Spectacle Occasionnel (GUSO) est un service gratuit destiné aux organisateurs dont le spectacle n'est pas l'activité principale : mairies, associations, entreprises, particuliers. Il permet de déclarer un artiste ou un technicien et de régler l'ensemble des cotisations sociales en une seule démarche.

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Sources

  • TVA des spectacles vivants — Bulletin officiel des finances publiques (impots.gouv.fr) — consulter
  • Barèmes de défraiement (CCNEAC) — Syndeac — consulter
  • Élaborer un prix de vente — ARTCENA — consulter
  • GUSO — barèmes de cachets — consulter
  • Cachets minimums des artistes (barèmes 2026) — SNAM-CGT — consulter

Montants indicatifs, susceptibles d'évoluer (barèmes et taux révisés chaque année).