Spectacle produit par Le Clan des Songes / Magali Esteban (34) vu le 14/02/2026 à 10h00 au Théâtre Le Périscope à Nîmes (30)
- Auteur : Magali Esteban
- Mise en Scène : Magali Esteban
- Comédiens/Manipulation : Magali Esteban, Erwan Costadau, Monica Padilla Fauconnier
- Type de public : Jeune public à partir de 4 ans
- Genre : Marionnettes
- Durée : 00h35min
Devant nous, quelques pavés, deux immeubles, des fenêtres sagement fermées. Une rue miniature, délicatement posée sur le plateau, qui semble nous attendre. Puis la lumière décroît, le silence se fait, et ce petit fragment de ville s’éveille. Bien que destiné aux plus jeunes, le spectacle touche immédiatement quelque chose d’universel. Qui ne s’est jamais surpris à observer, à la tombée de la nuit, les fenêtres éclairées des immeubles voisins, imaginant les histoires qui s’y trament ? Ici, cette rêverie devient matière théâtrale. Le spectacle nous autorise à regarder, à deviner, à entrer dans l’intimité de ces habitants minuscules dont les vies se dévoilent par éclats.
La maquette est saisissante par sa précision et son échelle. À l’ouverture, une interprète vient en ajuster les derniers détails, soulignant par contraste la taille imposante de cette rue à hauteur d’enfant. On perçoit déjà le soin apporté aux finitions, à la lumière intégrée aux appartements, aux multiples espaces de jeu dissimulés derrière les façades. Lorsque tout est prêt, l’obscurité enveloppe la salle et, comme par enchantement, les fenêtres s’illuminent une à une. La rue respire.
Chaque appartement devient un petit théâtre en soi. Les marionnettes, manipulées avec finesse, donnent à voir des instants de vie simples : gestes du quotidien, élans de joie, moments de solitude ou de fantaisie. Sans paroles superflues, tout passe par le mouvement, le rythme, la précision des manipulations et un travail sonore délicat qui accompagne l’action sans jamais la surcharger. Les enfants rient, chuchotent, observent avec une attention presque suspendue.
Puis un événement vient troubler la routine et relier ces existences jusque-là parallèles. Ce qui semblait fragmenté se rassemble. Les habitants, malgré leurs différences, sont invités à collaborer. La rue devient alors un espace commun, un lieu de solidarité et d’invention collective, offrant aux jeunes spectateurs une lecture sensible du vivre-ensemble.
D’un point de vue technique, le spectacle s’appuie sur une scénographie centrée sur cette maquette monumentale, véritable cœur du dispositif. Le jeu repose sur un travail précis de lumière. L’accueil nécessite un espace permettant une bonne visibilité frontale, une proximité avec le public ainsi qu’un temps de montage dédié à l’installation de la structure.
Ce spectacle court, d’une grande délicatesse, réussit à conjuguer exigence artistique et accessibilité pour le très jeune public. Il ouvre une fenêtre, au sens propre comme au figuré, sur un monde miniature où l’on retrouve, à hauteur d’enfant, la poésie discrète de nos vies ordinaires.
Lucile VABRE
« Chronique réalisée dans le cadre du partenariat avec l’Université d’Avignon et avec les
étudiants du Master 1ère année, Parcours Arts et Techniques des Publics, mention Culture
et Communication. »