Et vivre était sublime

Et vivre était sublime

Juana DLUBALA
VIVANT

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  • – Auteur : Sébastien Lanz, avec des textes de "Belle du Seigneur" et "Les Valeureux" d'Albert Cohen
  • – Mise en scène : Sébastien Lanz
  • – Chorégraphie : Silvia Cimino
  • – Comédiens : Justine Boulard, Juliette Jouniaux, Héléna Vautrin
  • – Création lumière : Nicolas Douchet
  • – Costumes : Camille Granger
  • – Vidéo : Matthieu Lionnard
  • – Combats et cascades :  Virginie Arnaud
  • – Chorégraphies :  Silvia Cimino

Gentiane Aimery de Pâmefoudre, brillante étudiante en Hypokhâgne, se retrouve en prison à seulement 19 ans. À son arrivée, son exemplaire de "Belle du Seigneur" d’Albert Cohen lui est confisqué par Laura, une gardienne. Gentiane partage alors sa cellule avec Nono, ancienne prostituée au tempérament rude et impulsif. Curieuse, Laura commence à lire le roman et les personnages d’Ariane et de Solal apparaissent bientôt sous forme de projections sur scène. À la suite d’une scène particulièrement violente au cours de laquelle Nono frappe Gentiane, Laura intervient et emmène la jeune femme « au trou ». Dans sa précipitation, la gardienne laisse tomber le livre. Restée seule dans la cellule, Nono s’en empare et commence à le lire à son tour…

La mise en scène est volontairement très sobre. Un grand voile placé à l’avant-scène évoque la cellule de prison tout en servant d’écran aux projections. Quelques caissons en bois font office de lits et suffisent à suggérer l’univers carcéral. Cette simplicité laisse toute sa place au jeu des comédiennes et stimule l’imaginaire du spectateur.

L’un des aspects les plus intéressants du spectacle réside dans les allers-retours constants entre le monde réel et celui du roman. L’œuvre se déploie à travers des lectures, des projections et des scènes jouées par les trois comédiennes, qui incarnent tour à tour les personnages de "Belle du Seigneur". Le moment où le voile se lève soudainement constitue un véritable point de bascule. J’ai été quelque peu déstabilisée par cette rupture, comme si l’on passait brusquement dans une autre dimension. Pourtant, ce choix met parfaitement en lumière la puissance de la littérature : le lecteur confronte les événements du livre à sa propre expérience, s’identifie aux personnages et finit par pénétrer leur univers au point d’en oublier la réalité.

Bien que le spectacle soit recommandé à partir de 12 ans, certaines scènes sont particulièrement marquantes. La violence de Nono lorsqu’elle s’en prend à Gentiane choque le spectateur, tout comme la colère finale de Solal contre Ariane. Ces moments confèrent à l’ensemble une forte intensité dramatique.
Porté par trois comédiennes remarquables, ce spectacle montre avec finesse et émotion la puissance de "Belle du Seigneur", qualifié de « chef-d’œuvre absolu » par Joseph Kessel. Il rappelle surtout le pouvoir unique de la littérature : celui de nous captiver, de nous transformer et, l’espace d’un instant, de nous faire oublier le monde réel.

Ce spectacle sera joué à 20h30 du 4 au 25 juillet (relâche les 5, 12, 19 juillet) au théâtre ARTÉPHILE

Infos pratiques

Compagnie :
La Vie Moderne
Représentation :
17 juin 2026 à 19:00
Lieu :
Arthéphile, Avignon (84000)
Durée :
1h30
Public :
Tout public à partir de 12 ans
Événement :
Avant-première Festival Off d'Avignon

Contact de la compagnie

Personne à contacter :
Maëlle Charpin
Fonction :
Chargé·e de diffusion
Téléphone :
06 82 98 81 17
Site web :
laviemoderne.org

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