Spectacle vu le Jeudi 22 Janvier 2026 19h au Théâtre des Doms à Avignon (84)
Auteur : Damien Trapletti / Wallonie-Bruxelles
Comédiens : Damien Trapletti
Mise en scène : Damien Trapletti
Type de public : dès 14 ans
Genre : Théâtre
Durée : 1H /
Un seul en scène pour faire le deuil avec Damien Trapletti : “Et pourtant le soleil se lève.” Cette pièce, récemment créée par le comédien Damien Trapletti, nous emporte vers un sujet très sensible et personnel qu’est la perte d’un ami, un être cher, mais surtout de l’après. La pièce commence lors du buffet après l’enterrement où l’habituelle grand-mère parle au bon souvenir du défunt. Une expérience familière mêlée d’humour, de doutes et d’absurdité.
La scénographie est assez minimaliste, mais permet de se concentrer sur l’acteur et ce qui se joue entre les différents personnages qu’il incarne. Le rideau rouge en fond de salle permet de donner du relief à son jeu, il permet de créer du mystère dans les changements de rôles et d’être moins frontal.
La structure du seul en scène ravive le jeu qui devient une vraie performance de gymnastique pour le comédien qui alterne avec ses rôles. On voit de nombreux personnages se heurter les uns aux autres pour tenter d’avancer dans l’ombre, ce qui a permis au public d’être tenu en haleine tout le long et même d’être en interaction avec le comédien lorsqu’il s’installe dans les gradins pour une discussion insolite sur l’univers.
Les sorties de plateau et interactions avec le public sont bien maîtrisées et réalisées au bon moment dans la dramaturgie, elles donnent du dynamisme aux différentes scènes.
Mais si le comédien se brise en tant qu’ancien ami et collègue pour se dédoubler au théâtre et avancer, on perd régulièrement la sincérité de celui qui a vécu ce drame personnellement, alors effacé derrière les rôles humoristiques. Les masques n’ont pas la capacité d’émouvoir comme un homme… En effet, nous ressentons que la solitude et le deuil résonnent dans chacun des personnages, mais la mise en scène et le développement dramaturgique de certains nous éloignent de l’émotion première que le comédien souhaite transmettre, cela aurait pu être plus touchant en étant plus direct.
De nombreuses références sont également intégrées, à Pasolini notamment, en n’ayant pas celles-ci il peut être assez difficile de suivre le fil dramaturgique et ainsi de comprendre tout le déroulé.
Nous avons tout de même passé un bon moment en voyant les tentatives de reconstruction des personnages après le drame du comédien, qu’elles soient bruyantes, désespérées, maladroites ou trop optimistes, car c’est aussi se confronter à son propre rapport à la mort en tant que spectateur. Nous avons beaucoup apprécié le sujet de la pièce, qui fait résonner en nous toutes les questions liées au deuil, à la perte d’un être cher, tout ce qui se passe avant et surtout après.
Le soleil se lève est un spectacle sur un sujet universel qui questionne les différents processus de deuil. La salle l’a grandement exprimé par ses applaudissements et ses questions lors de sa sortie de résidence au Théâtre des Doms.
Thelma Arnulf et Mikal Vidal Astrie
Chronique réalisée dans le cadre du partenariat avec l’Université d’Avignon et avec les étudiants du Master 1ère année, Parcours Arts et Techniques des Publics, mention Culture et Communication.