Spectacle de la Compagnie Les mille Printemps (17), vu au Théâtre 13 (Bibliothèque) le 7 janvier 2026 (Paris 13)
- Texte et mise en scène : Gabrielle Chalmont-Cavache
- Collaboration à l’écriture : Marina Tomé
- Jeu : Claire Bouanich, Sarah Coulaud, Louise Fafa, Maud Martel, Jeanne Ruff, Juliette Smadja et Lisa Toromanian
- Scénographie : Angéline Croissant
- Lumière : Emma Schler
- Chorégraphie : Louise Fafa
- Musique : Jeanne Ruff
- Costumes : Sarah Coulaud
- Genre : Théâtre contemporain & Danse
- Public : Tout public
- Durée : 1h30
La Compagnie Les mille Printemps, collectif d’artistes s’étant donné pour mission d’ausculter les liens entre l’intime et le politique, questionne ici l’intelligence, à travers une fiction à la croisée du théâtre, des neurosciences et de la danse.
Le travail part d’un constat : pourquoi sommes-nous si nombreux•ses à nous sentir bêtes ? D’où provient ce complexe d’infériorité intellectuel ? Au plateau, sept personnages défilent et sentent, de manière singulière, le besoin de se surpasser intellectuellement. Une femme culpabilise son amie parce qu’elle passe sa soirée devant Koh-Lanta, une mère perd la tête en préparant un test de personnalité déterminant pour l’évolution de sa carrière, une conférencière et autrice frôle le burn-out. Le texte nous offre une plongée dans l’intériorité de chacune : ses bizarreries, sa sensibilité, ses empêchements et ce que la neuroscience appelle ses biais cognitifs. C’est la dimension profondément politique de l’intelligence qui est interrogée ici : qui nous fait nous sentir bête ? Pour qui voulons-nous nous surpasser intellectuellement ? À quel prix ?
Tout au long du spectacle, les scènes s’enchaînent aussi vite qu’une pensée dans le cerveau se forme et s’évapore. Le cerveau est joliment désossé, notamment lors d’une une réunion au sommet. Amygdale, lobe frontal, hippocampe et autres sphères cérébrales tentent de se concerter pour prendre une décision et éviter la crise existentielle, à l’instar d’une petite société. Formellement, le langage chorégraphique propose un autre mode d’expression de l’intelligence, celle du corps, et de connexion aux autres.
Car c’est bien ça qui est en jeu : notre fonctionnement en société. Comment appréhender et faire co-habiter nos cerveaux « atypiques » ?
Anne-Charlotte Mesnier
Ce spectacle a été également chroniqué par une autre correspondante sur ce lien.