Spectacle de la Compagnie Tous les jours de la vie (68), vu au Théâtre Paris-Villette (75019) le 20 mars 2026
- Écriture et mise en scène : Julien Lewkowicz
- Jeu : Laure Blatter, Sarah Calcine, Valentin Clabault, Guillaume Costanza, Julien Lewkowicz
- Création lumière : Jérôme Baudouin
- Création sonore : Valentin Clabault
- Genre : Théâtre contemporain
- Public : Dès 15 ans
- Durée : 1h15
La Compagnie Tous les jours de la vie rejoue la dernière de l’émission Lune de Fiel, diffusée entre 1986 et 1989 sur Radio Fréquence Gaie, sur fond d’épidémie de sida.
Sur plateau, cinq interprètes nous font vivre la dernière de Lune de Fiel, émission fondée sur le concept de la libre antenne, durant laquelle des auditeurs et auditrices, hétérosexuel•le•s comme homosexuel•le•s, appellent pour parler sans complexe de leurs différents problèmes sexuels. Le ton est volontairement libre, railleur, parfois vulgaire. Les appels se succèdent pour témoigner, questionner et partager des doutes.
L’écriture de la pièce naît à partir de l’écoute d’archives de l’émission, que Julien Lewkowicz retravaille et tisse avec des monologues fictionnels, creusant les liens entre les cinq animatrices et animateurs. Si, à l’antenne, le ton est trivial, joueur, les apartés de chaque personnage, elles, sont teintées d’autre chose. Derrière le rire, il y a la mort imminente de l’un d’entre eux, David Girard, figure emblématique du milieu gay des années 80, emporté par le sida à seulement 31 ans. Derrière le rire, il y a ce qu’on tait, la peine et la terreur.
La question que pose le spectacle est celle de la mémoire. Même si aujourd’hui l’homosexualité est moins taboue que dans les années 80, les archives de l’émission restent rares et complexifient la transmission du vécu des homosexuel•les des générations précédentes. Comment, alors, faire transmission de l’intime ?
Anne-Charlotte Mesnier