Carcaça

Note 3 étoiles

Spectacle de Marco da Silva Ferreira (Portugal) vu le 14 février 2026 à l’Opéra Grand Avignon à 20h, dans le cadre du festival Les Hivernales.

  • Auteur : Marco da Silva Ferreira
  • Mise en scène : Emanuel Santos
  • Danseurs : André Speedy, Fábio Krayze, Leo Ramos, Marc Oliveras Casas, Marco da Silva Ferreira, Maria Antunes, Max Makowski, Mélanie Ferreira, Nelson Teunis, Nala Revlon
  • Type de public : Tout public
  • Genre : Danse
  • Durée : 1h15
  • Musique : João Pais Filipe (percussions) et Luís Pestana (musique électronique)
  • Assistanat artistique : Catarina Miranda
  • Conception lumière et direction technique : Cárin Geada
  • Costumes : Aleksandra Protic
  • Études anthropologiques : Teresa Fradique
  • Danses folkloriques : Joana Lopes
  • Spectacle présenté en coréalisation avec le festival Les Hivernales 2026

À travers le spectacle CARCAÇA, la danse est au cœur de la construction de l’identité collective et de la mémoire culturelle. Toujours en mouvement, les corps deviennent une histoire, qu’ils véhiculent avec force, tout en restant ancrés dans l’instant présent.

La chorégraphie mêle solos de danse et cohésion de groupe, aux mouvements de jambes rapides nommés « footwork ». Lents puis répétitifs, ces pas donnent vie à un seul corps et font vibrer le public. Un côté rebelle et presque libérateur se dessine alors au fil des minutes. Les dix interprètes forment un groupe soudé, en transformation par les différents types de costumes et de danses. Ces derniers sont guidés par une musique en direct, jouée par un batteur et un dj set, permettant un sublime mélange de sonorité.

Les danseurs s’appuient sur des danses issues du clubbing, des battles et des cyphers, ainsi que sur des danses folkloriques plus anciennes. Liées à la mémoire collective et à l’héritage culturel, elles apparaîssent comme une définition subjective du corps et de la communauté. Le spectacle propose alors une rupture avec le passé, tout en cherchant à le sublimer. La scène devient un espace où circulent des énergies, sensibles et sensorielles. Les marches groupées, complexes mais réalisées avec une paire de baskets, produisent un son qui fige le temps. La résonance des pas sur le sol permet de rythmer davantage la danse et la musique.

En participant pleinement à la composition musicale, les danseurs sont alors aussi musiciens. De véritables acteurs par leur représentation artistique, ils sont au cœur du superbe décor de l’Opéra d’Avignon, mais aussi d’une scène mouvante. Ces danseurs, aux corps en perpétuel mouvement, déplacent le sol et en créent un support de communication. Tantôt pour retranscrire en français les paroles d’une chanson qu’ils nous interprètent, tantôt pour nous écrire une phrase à l’aune de la liberté.

Avec cette remarquable bienveillance et cohésion de groupe, CARCAÇA offre une expérience immersive. Les corps individuels et collectifs communiquent sans relâche et maintiennent l’attention du public. La pièce touche par sa force physique, son exigence chorégraphique et la profondeur de sa réflexion. Sous l’angle également de l’inclusion, elle invite le spectateur à questionner la manière dont se construisent, se transmettent et se transforment les identités.

Ilona Bastie et Céleste Massacrier

Chronique réalisée dans le cadre du partenariat avec l’Université d’Avignon et avec les étudiants du Master 1ère année, Parcours Arts et Techniques des Publics, mention Culture et Communication.

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