- Autrice : Laetitia Gonzalbes
- Mise en scène : Laetitia Gonzalbes
- Interprètation : Iman Kerroua, Morgan Perez, Karina Testa
- Costumes : Claire Avias
Sur scène, quelques éléments de décor et quelques accessoires suffisent à faire naître une multitude d’univers. Une petite table et un ordinateur deviennent un bureau. Une grande table modulable se transforme tour à tour en lit, en canapé, en salle à manger ou en chambre à coucher. Un simple meuble évoque un comptoir de caissière, tandis qu’un rideau dessine les contours d’une salle d’urgences. Quelques poufs, enfin, métamorphosent l’espace en boîte de nuit. Une mise en scène ingénieuse et particulièrement travaillée qui donne au spectacle une étonnante fluidité.
Billie, représentée par un mannequin blanc, est à table avec sa belle-mère Inès. Celle-ci est sublime dans sa robe noire perchée sur de hauts talons aiguilles. Cruelle et méprisante, cette marâtre moderne multiplie les remarques blessantes à l’égard de l’enfant. Mais un événement inattendu survint : victime d’un malaise, Inès part aux urgences où un examen cardiaque lui révèle… qu’elle a un cœur.
Dès lors, elle aspire à aimer, à sortir du rôle dans lequel Charles Perrault l’a enfermée et à écrire sa propre histoire. Mais pourra-t-elle réellement s’émanciper de son créateur ?
Porté par des comédiens talentueux, le spectacle impressionne par la richesse de son interprétation. Morgan Perez incarne tour à tour Charles Perrault et Romain. Karina Testa prête toute sa présence à Inès, tandis qu’Iman Kerroua multiplie les métamorphoses en cardiologue, caissière ou encore sorcière. Trois mannequins donnent vie à Billie. Les nombreux costumes accompagnent avec finesse l’évolution des personnages et de leur identité.
Les premières minutes peuvent dérouter : Charles Perrault n’est pas tout à fait Charles Perrault, Cendrillon devient Billie, Inès endosse le rôle de la marâtre. On ne sait plus toujours si l’on se trouve dans le conte ou dans le réel. Les scènes s’enchaînent rapidement, entre sorcellerie, quotidien et imaginaire. L’image saisissante de la sorcière tenant sa pomme est mémorable.
Dense et foisonnant, ce spectacle invite à la réflexion. Il questionne les rôles qui nous sont attribués, le besoin de se reconnecter à soi-même, la quête du bonheur et de l’amour, mais aussi des sujets plus inattendus comme l’absence d’instinct maternel. Accessible à tous, cette création magnifique ouvre un véritable espace d’émancipation et interroge avec intelligence les enjeux de notre société contemporaine.
Ce spectacle sera joué du du 3 au 25 juillet 2026 (relâche les 9, 16, 23 juillet) à 13h00 à LA FACTORY (Salle Tomasi)
Infos pratiques
- Compagnie :
- Kabuki
- Représentation :
- 11 juin 2026 à 19:30
- Lieu :
- LA FACTORY (salle Tomasi), Avignon (84000)
- Durée :
- 1h20
- Public :
- Tout public à partir de 10 ans
- Événement :
- avant-première Festival Off
Partager