Un spectacle produit par la Compagnie L’immédiat (75) et vu au 104 (75) le 22 avril 2026, à 20H.
- Ecriture, mise en scène, jeu et manipulations : Camille Boitel et Sève Bernard
- Jeu et manipulations : Camille Boitel et Sève Bernard, Clémentine Jolivet, Pascal Le Corre (en alternance), Étienne Charles, Michael Bouvier (en alternance), Benoît Kleiber, Kenzo Bernard
- Régie lumière et plateau : Étienne Charles et Michael Bouvier (en alternance)
- Régie son : Kenzo Bernard
- régie générale : Stéphane Graillot
- Construction : Étienne Charles avec l’aide d’Adrien Maheux et Michael Bouvier
- Confection costumes : Nathalie Saulnier
- Conseil technique son : Gaëtan Parseilhian
- Genre: cirque-danse
- Public : tout public
- Durée : 1H15
Malgré des déconvenues, je ne rate jamais un spectacle des Boitel/Bernard tant leur univers peut être magique. J’ai donc souscrit à mes principes sans trop savoir quoi penser de « ».
Intituler ainsi son spectacle, c’est déjà l’empêcher d’être enregistré dans un fichier word ! C’est donc s’interroger sur l’existant et sa fragilité. Là réside le fil directeur de ce spectacle si tant est qu’il y en est un. La pièce juxtapose des tableaux muets dont on peut comprendre qu’ils parlent d’effondrement du monde et de renaissance sous d’autres perspectives. C’est la première scène, anthologique en son genre, qui suggère cette lecture. Un couple de sdf se retrouve dans son abri, en avant-scène. Tout est de guingois et déglingué ; tout se délite et dégringole. Le rideau de scène n’échappe pas à la chute des corps et l’on découvre derrière un capharnaüm propre à ceux que Camille Boitel affectionne. En 5 minutes, par un effet Domino venu dont on ne sait d’où, tout est par terre. C’est hilarant. Le public exulte quand une femme de ménage découvre le désastre et entreprend de ranger avec les moyens usuels de sa profession.
Entracte de 5 minutes, une quinzaine de régisseurs débarrasse le plancher pour laisser place à un plateau nu qu’habillent des pendrillons latéraux de différentes hauteurs. Ils vont rythmer des nouvelles façons d’être au monde : à l’envers, penchés à droite, en apesanteur, privé des ses jambes, en couple forcené….
Il y a des images superbes comme Sève Bernard qui descend d’une tour en se laissant glisser à l’envers. Elle est si gracieuse aussi quand elle est tout d’hélium constituée et que deux hommes essaient de la retenir à terre. La lumière est chaude et sculpte les corps ; la musique de Schubert accompagne les mouvements, déraillements compris ; le code couleur des vêtements permet de distinguer les protagonistes lesquels ne ménagent pas leur peine. Mais après le délire des dix premières minutes, cette seconde partie m’a semblée très lente, très décousue, sans cohérence interne.
« » est à mon sens un patchwork de bonnes idées. Certaines sont de toute beauté et/ou burlesques mais elles ne constituent pas un spectacle en soi.
Catherine Wolff